Prochain débat Le Pen père < > Mélenchon ?

« Mon » contact qui m’envoie maintenant des infos par mails assez régulièrement (pour l’instant il semble vouloir rester dans cette position d’intermédiaire, s’il veut changer qu’il me le dise) m’envoie cette photo d’article que je reproduis.

Le Président d’honneur du Front National Jean-Marie Le Pen a traité Jean-Luc Mélenchon de « voyou » pour avoir pris « Ã  partie une femme ». « Je trouve scandaleux qu’un voyou comme M. Mélenchon se croit autorisé à prendre à partie une femme ».

déjà cette altercation du père m’arrête. Une femme ! ceci est sexiste. Une femme serait-elle plus fragile qu’un homme par nature ? Cela en dit long sur l’idéologie du Front National concernant les femmes qui ne seraient pas des êtres égaux aux hommes. Ils nous le démontrent dans leur programme en voulant inciter celles-ci à rester à la maison pour garder les enfants. Marine Le Pen ne devrait pas se présenter elle est donc trop fragile. Elle nous l’a à vrai dire démontré, assorti de son impolitesse, de refuser de regarder ni de parler avec un interlocuteur qui la regardait de face et lui parlait. Elle n’avait pas choisi son interlocuteur arguait-elle. C’est le jeu de la démocratie des médias. Là encore elle refuse de jouer cette partie là. Là encore ça en dit long sur son sens de la démocratie, elle demande un traitement spécifique, différent de tout autre.

Que son père ait besoin de l’aider en dit long : elle n’est pas adulte, elle se comporte comme une incapable (1). Son père veut lui porter secours en prenant sa place de débatteur.

Il reproche l’impolitesse de Mélenchon en commençant par une insulte « voyou ». Il devrait commencer à s’appliquer à lui-même ce qu’il reproche à d’autres.

Il continue en « regrettant » que sa fille n’ait pas débattue. Il propose de prendre sa place. Qu’il ne l’ait gardé en continuant, inlassablement, à se représenter. Mélenchon a aussitôt répondu qu’il acceptait ce débat. Pour l’instant nous n’avons pas de médias qui reprennent la balle au bon. Car quand il dit « où il veut, quand il veut » cela ne peut se faire dans le local de campagne du Front de Gauche de l’Usine, ni non plus dans celui du Front National. Quel lieu serait plus neutre qu’un média ?

Après tout peut-être que les médias attendent que le Front National fasse la présentation de ses signatures pour être un candidat selon les normes de la République.

Mais bien sûr il menace si elle n’avait pas le nombre nécessaire des signatures « ce serait terrible pour tout le monde y compris pour l’image de la France dans le monde« .

Pour ma part je ne le vois pas du tout comme ça. Ce parti aurait du être interdit depuis longtemps et cela aurait été un exemple de démocratie que nous ne savons plus remplir ces temps-ci et le monde se demande se qui se passe en France, surtout depuis l’élection de Sarkozy, je peux en témoigner pour avoir été questionné tant et plus durant mes longs voyages depuis 2007.

C’est la mesure qui avait été prise années 30 en France, la France fut ainsi l’exemple en Europe et le monde de ne pas souffrir d’un courant facho important qui emporta le monde dans la guerre, mais au contraire eut le plus beau gouvernement depuis la Commune : le Front Populaire qui donna aux ouvriers des lois dont ils bénéficient encore, mais que Sarkozy n’a de cesse de détruire.

melenchon lepen pere
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(1) incapable : mot juridique qui définit les gens qui n’ont pas les moyens mentaux de remplir leur pleine capacité de citoyen.

Lettre ouverte à ma dentiste venue d’ailleurs

Tu sais Madame quand je t’ai vu la première fois je t’ai trouvé très belle. Mince et majestueuse à la fois, racé ton visage, tes cheveux noirs, quelques fils blancs, tenus en natte derrière ta tête, ton visage mince, un nez camus bien présent mais harmonieux dans ce visage ferme, tu parais douce, mais tu dois savoir ce que tu veux dans la vie.

Et moi j’ai senti un malaise. Tu dois penser que je suis raciste comme tout ce qui est dit partout sur les médias et par notre gouvernement tous les jours, mais moi je suis pas raciste, à la limite je sais même pas ce que ça veut dire ce mot. J’ai beaucoup voyagé dans ma vie, j’ai adoré le Maghreb, l’Asie (Chine), j’ai parcouru l’Europe, l’Asie du Sud-Est. Enfin bon je suis curieuse de toutes les manières d’ailleurs sur la planète. Alors fallait que je fasse passé l’idée que moi je suis pas comme ce que t’entends tout le temps de ce que dit « mon représentant » à la tête de l’état, après tout les Français l’ont élu, mais moi il m’agresse.

Alors maladroitement j’ai essayé de savoir d’où tu viens. Mais t’as compris de travers, forcément. Comment je pouvais me rattraper ? maladroitement toujours, après que tu m’aies dit que tu venais du Maroc, je t’ai dit que je l’ai fréquenté depuis les années 70 que j’aime plus Marrakech devenue la ville des bobos, que j’ai séjourné dans des familles 3 ou 4 mois à Midlett. Tu m’as enfin dit que tu venais de Safi et j’ai senti que tu te détendais. Mais nous n’étions pas encore au bout de notre malentendu.

Un jour j’ai dit « je suis révoltée en permanence et ça s’arrange pas en vieillissant ».

Et je pense à toi. As-tu ou pas la nationalité française ? pour moi je m’en fous. Mais je sais que pour toi ça doit changer plein de choses dans ta vie selon que tu aies ou non la nationalité. Et ça j’ai pas encore osé te demander. Je voudrais pas te mettre en porte-à-faux.

Je te tutoie parce que je suis en âge d’être ta mère ou ta grand-mère et que dans la civilisation Maghrébine on tutoie les gens qu’on aime bien, pi les autres aussi d’ailleurs, parce que c’est un transfert de l’arabe, dont je comprends que dalle mais ça je sais, et j’aime bien.

Les autres questions que je me pose à ton sujet c’est quel salaire tu reçois ? c’est pas pour savoir combien tu gagnes, mais pour savoir si, parce que femme et venue d’ailleurs, nationalité ou pas, on te « range » au même niveau que les autres ou pas.

T’es née en France, t’es en France depuis combien de temps, t’es célibataire, divorcée, t’as un mari ou un ami, des enfants ou pas… je voudrais bien savoir tout ça. Je suis curieuse de la vie des gens, comment ils vivent, surtout pour les gens qui m’ont séduite. Car tu m’as séduite dans la seconde où je t’ai vu. Comment on peut faire pour mieux se connaitre sans paraitre intrusive ?

Ce matin j’ai encore piqué ma crise de révolte, j’ai pu dire en vrac : ils ne savent rien de l’histoire de la France, ils m’agressent quand ils parlent d’immigration parce que ma mère était Italienne comme tous ces Polonais bien que bien cathos, pi il y a eu d’abord l’immigration intérieure, les Bretons par ex., la civilisation ils me font rigoler l’esclavage c’était haut ça, ils vivent dans un ghetto Neuilly ou le 16è ils savent rien de la France, j’ai eu du mal à m’arrêter mais fallait bien que j’ouvre la bouche.

Je t’ai dit encore que demander de l’aide c’est dur (suite à ma visite à la Sécu pour demander de l’aide), ton assistante (bien blonde d’origine) elle approuvait tout le temps du chef, avec un sourire aux lèvres. Elle aime visiblement m’entendre parler.

Ce matin je t’ai parlé aussi du quartier qui est juste à côté de ton cabinet… mais t’avais pas l’air de connaitre son nom. Donc soit t’habites dans la campagne, soit t’es nouvelle dans le coin, j’ai dit deux mots de ce quartier populaire : une annexe de la mairie, une pharmacie, marché le mardi matin, une bonne bibliothèque. Et des tas d’animations toute l’année auxquelles je participe… ou un peu en organisation.

Voilà Madame, on va continuer à « se fréquenter » moi espérant que t’es une bonne dentiste parce que des mauvais ma bouche témoigne que j’en ai trop connu, et même p’t se voir dans un autre cadre.

@très bientôt.

Si le MES passe à l’AN notre futur proche sera comme la Grèce maintenant

30 janvier 2012

LibérationParis

Repas du Nouvel an pour les sans-abri, organisé par la mairie d’Athènes, le 1er janvier 2012.

AFP

Pendant que les négociations sur l’effacement de la dette grecque se poursuivent, la mairie d’Athènes fournit deux repas par jour à des salariés licenciés victimes des plans d’austérité et menacés de famine. Une situation que certains Grecs n’hésitent pas à comparer au temps de l’Occupation.

Tous les jours, la même scène : à midi, une foule silencieuse se presse devant les grilles de la mairie d’Athènes, à deux pas de la place Omonia. Combien sont-ils ? Une centaine ? Bien plus encore ?

« Le soir, ils sont deux à trois fois plus nombreux« , soupire Xanthi, une jeune femme chargée par la mairie « de gérer la foule« . L’ambiance est tendue quand les grilles s’ouvrent enfin, et qu’une longue cohorte se forme jusqu’au stand où l’on distribue un Coca-Cola light et une sorte de purée de patates dans une gamelle en plastique.

Il y a des cris, des disputes, tout doit aller très vite : la distribution ne dure qu’une demi-heure. Au milieu des quelques marginaux et des vieillards aux vêtements usés, on remarque toute de suite cette nouvelle catégorie de citadins jusqu’à présent peu habitués à quémander sa nourriture.

La plupart d’entre eux refusent de parler aux journalistes. « Ils ont honte« , confie Sotiris, 55 ans, qui s’est retrouvé au chômage après avoir travaillé vingt ans dans une compagnie de sécurité. « Mais en Grèce, les allocations chômage ne durent qu’un an», rappelle-t-il.

En Grèce, on les appelle les « néopauvres« , ou encore les « SDF avec iPhone » : des salariés virés d’une des nombreuses PME qui ont fait faillite, des fonctionnaires licenciés à la suite des mesures d’austérité prises depuis deux ans.

Tous se sont retrouvés au chômage, alors que les crédits à la consommation les avaient poussés à se surendetter pendant les années fastes. Qui ne sont pas si loin : entre 2000 et 2007, la Grèce affichait encore un taux de croissance prometteur de 4,2%.

Des enfants le ventre vide

Puis la crise bancaire de 2008 et l’annonce coup de tonnerre d’un déficit budgétaire record de 12,7% du PIB fin 2009 ont fait s’effondrer, comme un château de cartes, une économie aux bases trop fragiles pour résister au jeu spéculatif des marchés.

Travail au noir, fraude fiscale, administration inefficace : les maux sont connus et une grande partie de la population accepte la nécessité des réformes structurelles exigées par « Merkozy », comme on appelle ici le tandem Angela Merkel-Nicolas Sarkozy, qui domine les négociations à Bruxelles. Mais les plans d’austérité imposés au pays depuis le printemps 2010 passent mal.

Ils frappent en priorité les salariés et les retraités, qui ont vu leurs revenus diminuer, voire disparaître quand ils ont été licenciés, et leurs impôts, prélevés à la source, augmenter de façon exponentielle. Résultat ? En deux ans, le nombre de sans-domicile-fixe a augmenté de 25% et la faim est devenue une préoccupation quotidienne pour certains.

« J’ai commencé à m’inquiéter lorsqu’en consultation j’ai vu un, puis deux, puis dix enfants qui venaient se faire soigner le ventre vide, sans avoir pris aucun repas la veille« , raconte Nikita Kanakis, président de la branche grecque de Médecins du monde. Il y a une dizaine d’années, l’ONG française avait ouvert une antenne en Grèce pour répondre à l’afflux aussi soudain que massif d’immigrés clandestins sans ressources.

«Depuis un an, ce sont les Grecs qui viennent nous voir. Des gens de la classe moyenne qui, en perdant leurs droits sociaux, n’ont plus droit à l’hôpital public. Et depuis six mois, nous distribuons aussi de la nourriture comme dans les pays du tiers-monde, constate le docteur Kanakis, qui s’interroge. Le problème de la dette est réel mais jusqu’où peuvent aller les exigences de Bruxelles, quand des enfants qui ne vivent qu’à trois heures d’avion de Paris ou Berlin ne peuvent plus de soigner ou se nourrir ? »

Jeudi, une scène insolite s’est déroulée au cœur d’Athènes, sur la place Syntagma, juste en face du Parlement : des agriculteurs venus de Thèbes, à 83 km de la capitale, distribuent 50 tonnes de patates et d’oignons gratuitement. Annoncée à a télévision, la distribution tourne vite à l’émeute.

« Ã‰trangler encore plus les plus pauvres »

Tout le monde se précipite sur les étals. A nouveau des disputes, des cris. « On n’avait pas vu ça depuis l’Occupation« , peste Andreas qui observe le spectacle à distance. L’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale avait provoqué une terrible famine qui reste dans toutes les mémoires.

Mais si le mot revient si souvent pour décrire le retour de la faim qui frappe les classes moyennes, c’est aussi en référence aux diktats de Bruxelles, et plus encore de Berlin. « Tous les trois mois, on nous menace de faillite immédiate et on nous ordonne d’étrangler encore plus les plus pauvres. L’argent qu’on nous promet ? Ce sont des prêts qui ne servent qu’à rembourser nos créanciers ! » s’exclame Andreas.

Employé dans une entreprise maritime, il rit en évoquant l’éventualité de supprimer les treizième et quatorzième mois des salariés du privé. Comme beaucoup d’employeurs, le sien ne lui verse aucun salaire depuis des mois. « Les patrons invoquent la crise pour éviter de payer leurs employés», se plaint-il.

Puis, se tournant vers l’ancien Palais royal qui abrite le Parlement, il ajoute : « Ici, il y a 300 crétins qui suivent un gouvernement non élu par le peuple. Est-ce qu’ils ont diminué leur train de vie ? Les fonctionnaires de l’Assemblée touchent toujours seize mois de salaires et personne à Bruxelles ne s’en préoccupe. »

Loin d’avoir, comme en Italie, provoqué un sursaut national face à la crise, Loukas Papademos, le Premier ministre «technocrate» nommé en novembre, brille surtout par son silence. Alors que le pays négocie à nouveau sa survie en promettant de nouvelles mesures de rigueur, la seule interview qu’il a accordée était destinée au… New York Times.

Andreas en est persuadé : « Nous vivons sous une dictature économique. Et la Grèce est le laboratoire où l’on teste la résistance des peuples. Après nous, ce sera le tour des autres pays d’Europe. Il n’y aura plus de classe moyenne. »