Libéralisme : rentabiliser les animaux et les humains

Finalement cette histoire de viande de boeuf, devrait nous faire prendre conscience que les humains et les animaux sont traités de la même manière par le libéralisme.

Qu’ils soient le vivant peu leur importe. Faut que ça rapporte du fric.

Je viens, grâce à cette occasion, de réaliser qu’ils traitent les animaux de la même manière que les humains. Ou l’inverse. J’ai été un peu entêtée moi-même dans cette question. Par exemple Brigitte Bardot m’a toujours irritée, non que maintenant je vais me mettre à l’agréer, mais en fait elle fait du tord par sa position raciste sélective vis-à-vis des humains, faisant une part plus belle à certains animaux qu’à des humains qui ne sont pas blancs ou pas de la bonne souche d’après ses critères. Du coup je jetais ses réclamations avec l’eau du bain. Il faut trier.

chevaux

J’ai trop longtemps pensé que les humains étaient plus importants que les animaux. Que la mort de l’un est plus importante que celle de l’autre, non que j’aurais fait quelque mal que ce soit à un animal, mais vu la souffrance des Hommes à travers les siècles et la planète… et qu’il fallait bien les nourrir ces humains, à leur faim et leur besoin. Par ailleurs je me moque de ceux qui ont peur de tuer une poule ou un lapin… ce sont les gens des villes trop éloignés de la nature… et qui de plus ne pensent même pas à comment ça se passe dans les abattoirs… et je me souviens que dans ma banlieue, années 40/50, je voyais passer les bêtes chaque semaine qui étaient menés à pied à l’abattoir de Vaugirard… c’était normal, faisait partie de la vie.

Il y a aussi une émission sur France-Inter tous les dimanches après-midi qui plaide pour la cause des animaux. Eux aussi ils m’énervent. En particulier parce que la femme qui anime l’émission a une voix qui me vrille les oreilles. Genre 16ème (1).

Ce matin, par contre un des animateurs dans mes préférences, sur France-Inter, Stéphane Paoli, (fils de son père, connu lui aussi), excellent, a interviewé une éleveuse de brebis dans le Vercors. Elle était touchante car n’ayant aucune habitude des médias, elle ne savait pas s’exprimer, mais son cœur parlait mieux que ses mots.

Elle nous a ainsi rappelé que les éleveurs aiment leurs animaux. On l’oublie. Elle a dit que ses brebis lui donnait tout, qu’elle donc avait le devoir de leur donner le mieux pour elles. C’est là qu’enfin j’ai compris.

charolaisesEt je me suis souvenue de mon enfance. Les vaches laitières atteintes de la fièvre aphteuse, dans une ferme de la Champagne reimoise, de la famille de mon père. Les vaches ont du être toutes supprimées. J’étais présente dans la ferme quand elles furent emmenées. Je me souviens de la douleur de ces paysans. Mais en fait je l’avais mal interprété. Ce n’était pas qu’un mal financier, une fierté bafouée, c’était aussi la perte de leurs bêtes, petit troupeau, auxquelles ils étaient attachés. Je me suis souvenue aussi de tous les paysans que j’ai connu dans ma vie, de leurs bêtes, de leur rapport à ces animaux. Oui ils y sont attachés.

Il s’agit là des éleveurs. Pas des producteurs. Pas de ceux qui en ont des centaines, des milliers dans des longs hangars… tel en Bretagne.

Les humains, à France-Télécom, PSA, Continental, Good Year, sont traités de la même manière. S’ils sont jugés en trop ou pas assez productifs ils sont détruits. Comme on peut détruire un troupeau qui gêne ou ne rapporte pas suffisamment d’après des critères financiers. La vie est le dernier de leur souci.

Vous tous, nous tous, c’est ainsi qu’on nous traite. On doit, animaux ou humains, rapporter 15 % aux multinationales, aux financiers, aux fonds de placement (retraites)… sinon on nous abat.

_____________

(1) 16ème arrondissement de Paris, proche de Neuilly pour les non avertis, soit les quartiers habités par les plus riches, et ils ont, eux aussi une manière de parler… à l’opposé de ceux qui habitent Saint-Denis… banlieue la plus pauvre de l’autre côté de Paris.

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8 réactions à Libéralisme : rentabiliser les animaux et les humains

  1. babelouest a écrit:

    Je me souviens de mon père, paysan : lui aussi aimait ses animaux, et ils le sentaient. La preuve ? Ses laitières étaient les plus productrices du village, c’était connu. Un échange de bons procédés, en quelque sorte. Mais plus que cela, certainement.

  2. Annie a écrit:

    merci pour ce témoignage vécu

  3. babelouest a écrit:

    En fait, le productivisme, en son aspect éminemment inhumain, est un énorme gaspillage sous couvert de « rentabilité ». Les œuvriers, paysans, fabricants amoureux de la belle ouvrage, sont remplacés par des machines (même si elles sont faites de sang et d’os) qui ne savent même plus ce qu’elles font. D’où des déconvenues amères, surtout pour les « bénéficiaires » de (désolé pour le terme, mais il le faut) merde en barres qui les tue à petit feu, ou brutalement dans un virage. Si des ingénieurs se suicident sur leur lieu de travail, c’est que l’heure est très grave. Si le brouet contenu dans certains aliments « ne conviendrait même pas à des animaux » (dixit des commentateurs officiels), quelque part la notion même d’humanité a gravement dérapé.

    Dis, M’sieur l’administrateur de fonds de spéculation, quand tu vas « t’éclater » à Gstaad ou autres lieux de débauche financière, tu es sûr, sûr que le monde est dans le bon sens ? J’dis çà, j’dis rien, passque au prochain virage en skis, tu pourrais faire ce que tu refuses aux autres : un soleil plutôt définitif.

  4. emzophone a écrit:

    Et de manière paradoxale, les associations telles les restos du coeur et autres ont déclaré qu’elles étaient prêtes à récupérer ces fameux lasagnes contenant de la viande de cheval, qui ne sont pas impropres à la consommation, pour les distribuer aux bénéficiaires qui crèvent la dalle. Et à juste raison ! D’un coté, on se préoccupe de bouffer sain, et de l’autre on se soucie de bouffer à sa faim au quotidien…cherchez l’erreur. Au moment où l’UE vient de baisser l’enveloppe budgétaire de l’aide alimentaire de centaines de millions d’euros, supprimant ainsi des millions de repas distribués, l’industrie agro-alimentaire aux bénéfices colossaux se fait prendre la main dans le sac. Et cela continuera.

  5. Annie a écrit:

    voilà la grande question. sur un blog où la discussion se fit :
    la banque alimentaire aurait refusé, mais des assocs donnent des produits « périmés » depuis longtemps. Ceci dit, ils ne sont pas dangereux pour autant. Du temps où je mangeais des yaourts je les mangeais bien après la fameuse date, suffit d’ouvrir, d’observer……… c’est pour leur turn-over, mais c’est pas dangereux, C’est comme les pates qui ont une date… c’est éternel, tout comme le riz.

    sur la refourgue aux pauvres je suis partagée. 1- s’ils avaient de quoi bouffer on se poserait pas la question. 2 – leur donner le choix. Et d’ailleurs à nous aussi… à moindre prix évidemment… des gens pauvres ne vont jamais aux assocs, par honte, par contre ils achètent volontiers moins chers.

  6. Lou a écrit:

    Exactement !

    On notera que Lou est capable de commentaires brefs ; – )

  7. chiendent a écrit:

    Ils ne savent pas décerner la beauté, l’amour et les trésors cachés ! Ils sont pauvre dans le vrai sens du terme.

  8. Annie a écrit:

    ils sont sûrs du contraire…

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