Plus le goût de vivre
| 7 mars 2013 | Rempli sous Un peu de moi |
Désolée pour le titre mais c’est vrai. C’est impudique de dire ça. Oui. Je le sais. Après tout qu’ai-je à perdre ? l’indifférence ? tant pis je risque.
J’ai une algie de la face depuis plusieurs années. Je ne dors plus, et c’est de pire en pire. Je ne peux plus lire, je m’endors en 5 mn sur le livre, quel qu’il soit.
J’ai erré de médecin en médecin depuis plusieurs années. Tous m’ont dit : vous n’avez rien. En effet les radios et examens divers ne montraient rien. J’étais en colère à chaque fois en sortant de chez ces médecins. C’était un peu comme s’ils me disaient que j’étais folle, j’ai dit à un médecin :
Alors monsieur il faut m’enfermer tout de suite.
J’ai essayé tout un tas de médicaments en vente libre, aspirine, paracétamol, ça n’a que très peu d’effet. Ou sur prescription contenant de la morphine. Dépendance. Effet quelques mois. Puis plus rien.
En parlant à un pharmacien il me conseilla un médecin ORL à l’hôpital. J’ai vite découvert qu’il est le chef de service. Deux tarifs : privé et public, selon les jours. Curieux celui-là enfin me donna le nom de ce que j’ai : le syndrome de Sluder. Quel soulagement, un nom, c’est connu, je suis pas folle, j’ai des raisons d’avoir mal. Sur Wikipédia il le décrive comme une douleur horrible.
Il me fit un soin. Une drogue dure, je sais pas laquelle, appliquée en direct sur le nerf dans le haut du nez. 1/2 heure. Il me demanda quel ennui psy j’avais. Je lui répondis que non tout va bien dans ma vie. L’effet fut cours. Quelques heures.
J’y suis retournée aujourd’hui. Il réappliqua « sa recette » plus longtemps, environ 1 heure assise sur un siège un truc qui bloquait le nerf. Et il me reposa la même question : quel soucis avez-vous ?
Cette fois j’ai craqué. J’ai dit. Il est le premier à qui je le dis. J’ai vu quelques psy, à aucun je ne l’ai dit. Je donne le change : gaie, souriante. Mais non la douleur est là, à vif, quotidienne, j’y pense tous les jours, à toutes occasions, en parlant avec des gens, en lisant certains livres, en regardant certains films, ça se réveille à la moindre occasion, je peux devenir agressive, moi gentille de nature, je ne me reconnais pas. Je suis devenue totalement a-sociale. Plus le goût à la vie. Moi qui pensais que vivre jusqu’à 100 ans ne me suffirait pas, là je m’en fous si ça s’arrête demain, et même ce serait un soulagement. Je me suis donnée des cadres, je fais les choses parce que je me les suis donnée à faire. Aucun plaisir. Je me dis : mais enfin faire ça t’aime normalement, tu le ressens pas ? ben non.
Après m’être confié, je lui dis :
- mais enfin monsieur pourquoi ?
- parce que l’homme est une tête avant tout, une tête énorme, le corps est minuscule.
Je suis un peu vexée, je pensais vivre avec ma blessure comme si de rien n’était. Ben non, le corps proteste, contre ma volonté.
Alors je vais aller voir le centre médico-psy de la ville. Je dois prendre un anti-dépresseur sur plusieurs années.
Ma blessure … je ne vous l’ai pas dite. Mon fils m’ignore depuis septembre 1999. Depuis que j’ai frôlé l’état de sdf, saisie de tout, surendettement, la totale, je vous raconte pas tout. La cause ? le chômage des plus de 50 ans, j’étais cadre. Il m’a raccroché le téléphone au nez, et ignore totalement les courriers que je lui ai envoyé depuis, même le livre que j’ai écrit.
Pour en revenir au médecin : les deux fois j’étais en consultation privée normalement dans les 100 €. La première fois, ignorant tout, il me factura 46 €. Cette fois 28 €.
Donc des bons médecins honnêtes, dans les hôpitaux, ça existe, j’en ai rencontré un.
Mon fils fait un métier où il a acquis la renommée mondiale dans sa profession. Je me suis battue avec hargne pour qu’il le fasse. Son père y a mis tous les obstacles possibles.
Est-ce que je l’aime ce fils ? j’en ai aucune idée. Pas vu depuis si longtemps, comment savoir ? Ce que je ressens le plus vivement c’est l’injustice. Il fut le premier amour de ma vie et le seul très longtemps. Une passion. Mais libre. J’ai toujours distingué sa vie et la mienne. C’est p’t ça qu’il me pardonne pas en fait, d’avoir vécu ma vie de femme, non entièrement consacré à lui seul.
Son nom est Jean-François Porchez. Femme divorcée on n’a pas le même nom que l’enfant qu’on a porté dans son ventre. Dans google vous le trouvez tout de suite. Il tient plusieurs sites, et son twitter est sous ce nom, et son facebook. Il est né d’un viol le 4 décembre 1964.
Oui, combien çà doit faire mal, Annie. Très mal. Je te comprends fort bien. Être haï des siens… sans compter tout le reste !
Les drogues allopathiques, antipathiques, ne valent rien.
Il y a quatre homéopathes à Châteauroux, au moins un acupuncteur (Marchand), des kinésithérapeutes, mais la méthode « Mézières » serait meilleure, le plus proche (!) est à Blois (Delcamp).
Commence par l’homéopathie. Tu peux avoir un rendez-vous rapidement. Il y a des antalgiques efficaces en homéopathie.
Prends rendez-vous avec l’acupuncteur et le mézièriste.
Un psy te retiendra pendant des années… pour t’apprendre… que tu dois reconnaître ta douleur et vivre avec.
Je ne parle que de ce que je connais.
tout se confond, douleur psy, douleur physique.
Les mots me manquent Annie. Je te souhaite de recouvrer la santé ou tout au moins de vivre avec ta maladie sans souffrir. Le printemps revient, tu dois l’observer dans ton jardin. J’espère enfin que ton fils t’entendra.
Amitiés
l’homéopathie soigne le sida, le cancer, le paludisme, le choléra… la valeur d’un dé à coudre de produit actif dans une piscine.
par contre acupuncteur ou kiné pour quoi pas.
psy : j’ai aussi besoin de causer. A condition qu’ils me prennent en compte. J’ai déjà fait une analyse, j’y ai réglé la douleur du viol qui dura au moins 20 ans, en quelques séances déjà j’allais mieux.
merci pour toutes tes idées, je vais consulter l’annuaire et passer des coups de fils. J’ai plus de motivation pour me battre, c’est un des effets.
@ babel, @lou, @dpp merci pour vos commentaires, je sais qu’il est très dur de dire quelque chose face à ce genre de propos.
le printemps justement, je n’y ressens que peu le plaisir que j’aurais normalement.
Mon fils : les liens que j’ai mis ne sont pas neutre. Je vois beaucoup de clics sur ces liens, s’il regarde ses stats il les voit…
Curieux ! Hier j’ai rencontré, dans un sympathique bar de quartier placé paradoxalement en plein centre ville « bourgeois » un homme qui parlait – un peu – avec le patron. Face à celui-là, jovial et un peu bedonnant comme moi, c’était semble-t-il un être tourmenté. Pas très grand, très mince, le visage émacié, la quarantaine, il avait les cheveux soigneusement tirés, le regard inquiet, la bouche mince, et ses yeux fuyaient votre regard comme s’il le ressentait comme une agression. Immédiatement j’ai pensé à Luchini dans P.R.O.F.S., mais à la réflexion, il ressemblait davantage à Trintignant dans Z. Lui parti, le tenancier m’a confirmé qu’il était très introverti. On avait envie de le plaindre, et en même temps l’impression était que vivre avec lui devait être très difficile. Sans doute, Annie, t’es-tu brûlé les ailes auprès de pareils personnages.
sur le viol. Durant des années je n’osais en parler publiquement n’ayant aucune preuve. Mais j’avais écrit un livre à la 3ème personne. Je le fis lire. On me dit qu’il contenait toutes les preuves.
J’ai signé le manifeste, et, avec hésitation, je le dis, il est vivant, c’était mon mari, 1 mois après le mariage. Jean-Jacques Porchez. Il était porteur de valise, il est devenu bobo, tout le monde m’a critiqué de le quitter en 1971, tout le monde, déjà, m’a tourné le dos : on ne quitte pas JJ Porchez m’ont dit les copains en politique, Marxiste-léniniste. Et mon fils ne m’a jamais pardonné mon divorce.
Tiens bon la barre, Annie, tu es dans le creux de la vague, et rien que le fait d’en parler à un médecin et surtout en public, ça doit soulager. Ces saloperies de névralgies faciales se traitent, il y a des traitements de fond, mais aucun garanti à 100% : j’en ai bavé pendant des années avec ce truc, à se taper la tête contre le mur, et puis miracle avec la prise de beta-bloquant pendant qq. mois…plus rien. Mais je sais que c’est très lié à notre état psychologique, et que la médecine pédale encore beaucoup dans la semoule. L’homéopathie, oublie, on m’a fait le coup également, foutaise totale, et si ça fonctionne, c’est psychosomatique. Et oui, des toubibs sympas et compétents, cela existe, mais contrairement à des charlatans qui te garantissent monts et merveilles, ils savent reconnaitre leurs limites et parfois leur impuissance face à la douleur du patient. Accroche toi ( facile à dire, je sais bien ), et surtout, relax au max !
tout à coup je me sens moins seule. M E R C I.
On est deux. Et t’as guéri. Alors l’espoir pourrait revenir… et quel genre de médecin prescrit ça ? J’ai été lire dans wikipedia aussitôt. Très bien expliqué. Pour les migraines… et le côté psy.
Et t’as plus mal… c’est donc possible…
je réalise à contre temps que c’est la journée de la femme. Alors je suis dans le sujet, sans le vouloir !
@ emzophone
http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:M%C3%A9moire_de_l'eau/Neutralit%C3%A9
J’en ai eu une relation personnelle du fils (normalien, agrégé de philosophie) d’un chercheur de l’époque, tous deux mécanistes, mais honnêtes.
Les faits sont têtus.
Lénine, Lettre aux camarades, 1917
Et oui, c’est la journée de la femme…ce qui semble dire qu’il y a 364 jours des hommes…bon, ça, c’est pour l’humour décalé ! Pour la prescription, c’est mon médecin traitant de l’époque, qui après 2 essais de molécules sans effet ou mal tolérées m’a proposé l’Avlocardyl en traitement de fond, sans me promettre la lune…et bingo ! Mais j’ai eu de la chance, d’après les études cliniques, je crois que ça marchait pour un tiers des patients.
Lou, je note qu’une fois de plus Wikipedia France démontre une notion bien à elle de l’objectivité. C’est pourquoi cet outil ne peut apporter que des éléments pour une recherche plus approfondie. C’est normal, dans un sens. En revanche, la véhémence du « comité de validation » (je ne connais pas son nom exact) nuit à sa crédibilité. En particulier dans ce cas-là, mettre en avant un argument d’autorité cyclique en disant que l’académie de médecine a plus d’autorité que des médecins ayant une opinion contraire est pour le moins léger, et pourrait pour le plus aller jusqu’à la mauvaise foi.
Wikipedia-France ? Oui, mais…………
les amis je vous vois lancé dans les discussions sans fin et inconciliables concernant l’homéopathie. Alors j’ai un témoignage dans les deux sens. Un homéopathe, années 70, me prescrivit un assort contre la cigarette. Et ô surprise en effet la cigarette me dégoûta. Mais j’arrêtai… pas la cigarette.
j’ai eu des médecins allopathes qui rajoutaient quelques grains d’homéopathie, moi bonne patiente, je prends. Mais quand les gens me racontent que leur rhume, grippe ou autre… de toute façon ils auraient fini un jour !
j’ai soigneusement noté le nom du médoc dans mon agenda. Je le proposerai à tout médecin rencontré. J’ai un RV psy de ville pour le 12 mars, pris dans l’annuaire, il se trouve, hasard total, qu’elle est spécialiste des vieux. Le CMP… 31 mai… j’ai pris, mais c’est loin !
ben vi 364 jours… c’est pour ça que j’ignore cette journée.
@ Lou : la mémoire de l’eau…je pensais que le sujet était clos depuis longtemps…ah, crédulité, quand tu nous tiens ! http://www.charlatans.info/memoiredeleau.shtml
les deux gars, je vous aime bien tous les deux, donc fâchez-vous si vous voulez, mais je prendrai pas, autant que possible, parti, pis je veux vous revoir ici, j’aime bien vos commentaires, à chacun. Cependant la mémoire de l’eau… no comment.
L’intervention d’hier, niet. La nuit je dois dormir non allongée… c’est pas pratique. J’ai relevé mon matelas hier soir. Il parait que l’inflammation se révèle plus allongée… on fait ce qu’on peut !
Par contre il m’a prescrit un anti-inflammatoire non stéroïdien : kétoprophène 2/jr. Cette nuit ? pas terrible. Mais là maintenant on dirait que j’ai moins mal. L’espoir aide à vivre. J’en saurai plus d’ici quelques jours.
Annie, laisse moi ton tel sur mon mail blog contact@agauchepourdevrai.fr
Pas pour t’embêter, le moins du monde.
Je suis psychanalyste et psychologue clinicien. Peut-être pourrais je te donner des contacts, peut-être pourrais je simplement t’écouter.
Je compte sur toi pour pouvoir t’appeler. Alors, STP, laisse moi ton tel sur mon mail.
Sydné.
échange téléphonique fait. Merci Sydné. T’es un bon psy.
finalement, après avoir tergiversé, j’ai mis le lien de ce billet sur le mur de facebook de mon fils… qu’est-ce qu’il va me tomber sur la tête ?
Qui ne tente rien n’a rien… Tu n’auras pas le regret de ne pas avoir tout tenté.
dpp oui.
et j’en profite pour remercier chacun d’entre vous qui m’avez tendu la main, ça m’a fait chaud au coeur, je me sens moins dans un désert aride, des fleurs y sont apparues
Où l’on apprend que Lou est une jeune fille en fleurs : – )))
Annie, mon cœur va vers toi. Je te comprends. Ce docteur a raison, c’est le psychique qui conditionne le physique. Guérir ses douleurs psychiques …. pas facile mais tout est possible. Je te le souhaite. Tu as d’énormes ressources et d’énormes capacités.
merci pour ton encouragement. Pas facile comme tu dis.
Dur tout ça. M’a fait de la peine. Mais je crois que pour votre maladie, vous êtes sur la bonne voie en la traitant en partie comme un syndrome psychosomatique. Forza! Vous en viendrez à bout!
Pour votre fils, et bien ce n’est pas joli de sa part de vous traiter comme un repoussoir. C’est tellement commode et facile, pour lui. Ce qui serait compréhensible chez un adolescent ne l’est pas chez un adulte.
merci. J’ai vu une psy hier, qui m’a prescrit des anti-déprésseurs, attendre 3 semaines, elle était bien, bienveillante neutralité. Je cherche, c’est plus hard, un pour thérapie orale… surtout pas des comportementalistes dont je veux pas entendre parler, mais ils mentent…
oui il fait son ado à retardement, rien à 18 !
[...] les réactions de lecteurs sur mon article Plus le goût de vivre j’ai continué, comme si de rien n’était à vous parler de choses et d’autres, [...]
C’est ana
pense bien que tous ira bien
, si lui il reconnait son tort
ce n’est pas impossible, tous rentrera dans l’ordre, un jour .
Pourquoi tu met tous sur toi?
[...] écrit le 7 mars dernier un billet catastrophique disant Plus le goût de vivre exposant que j’avais une douleur récurrente depuis plusieurs années, et que courant de [...]