Ce mec m’insupporte depuis un moment. Il vient encore de dépasser les bornes avec son dernier livre que je n’achèterai certainement pas ni ne lirai d’ailleurs. Je l’ai entendu et écouté sur France-Inter à une émission où il était invité (11-12h30).
Il a bavé sur Sartre et vanté dithyrambiquement Camus. Ma position concernant ces deux écrivains/philosophes reste constante depuis les années 60 : je les estime tous deux, pour chacun leur personnalité et leur apport très différent au monde. J’ai toujours été en désaccord sur prendre l’un pour taper sur l’autre. Ils furent amis, ils se fâchèrent… et alors… L’un était pour l’engagement (Sartre) et l’autre non (Camus). Chaque position peut se défendre quoique je sois pour l’engagement, on y prend des risques de se tromper certes plus que quand on reste chez soi.
Et Onfray reste chez lui. Il regarde le monde de haut. De très haut devrais-je dire. Il est raide, il est sûr, lui, d’avoir raison contre tous, il est sûr que lui ne se trompa jamais, ne se trompe jamais, ne se trompera jamais. On appelle aussi ce genre de personne en psy des psychorigides.
Après avoir bavé sur Freud sans aucunement tenir compte de la réalité du vécu d’êtres humains en souffrance, il s’en fout visiblement des dégâts collatéraux qu’il peut commettre, le concret, les gens il s’en fout, sa théorie prime sur le réel.
Lui est contre l’engagement et se l’applique : en ces temps de crise financière, mais surtout de crise de la démocratie en France il ne prend pas position pour quelque candidat que ce soit aux présidentielles 2012. Par contre il est célébré dans Le Point. Proteste-t-il contre ? fait-il un communiqué pour s’expliquer ?
Je cite le Monde Diplomatique :
Plus de trente ans après sa mort, en 1980, celui-ci reste à la fois haï par les modérés héritiers de Raymond Aron, par les avocats inconsolables du colonialisme qui espéraient « fusiller Jean-Paul Sartre » de son vivant, enfin par les nostalgiques du stalinisme qui conservent en mémoire la tendre analogie à laquelle un dignitaire du régime soviétique eut un jour recours pour qualifier le philosophe existentialiste : une « hyène dactylographe ».
Que Sartre ait (…) contrairement à Camus, refusé le prix Nobel ?
(…) Sartre risqua sa vie (son domicile parisien fut d’ailleurs plastiqué).
(…) Il n’est pas absolument certain que Camus aurait apprécié tous les compliments qu’on lui sert depuis quelque temps, de Nicolas Sarkozy (qui voulait transférer sa dépouille au Panthéon — sa famille s’y opposa) aux « hédonistes libertaires »… Il est très probable en revanche que Sartre se serait satisfait d’être, plus de trente ans après sa mort, demeuré à ce point détesté par ses ennemis. Et toujours « non récupérable ».
On trouve aussi toujours dans Le Monde Diplomatique un article sur le rôle des intellectuels de mai 2006… qui reste à lire en l’achetant… voici le préambule :
En 1972, Jean-Paul Sartre explique pourquoi lui, « intellectuel bourgeois », a accepté de prendre la direction d’un journal maoïste, La Cause du peuple, qui « ne s’adresse pas au lecteur bourgeois ».
Des intellectuels s’engagent maintenant pour Sarkozy. Glucksman, Bernard Henri Levy (dont les livres ne se vendent plus, rassurant) en sont les plus voyants. D’autres non : Badiou. Peu l’ose. Dans une société d’ultra communication il est sans doute plus important d’être du bon côté du manche que du côté du peuple.
Pour mémoire je vous rappelle que Zola s’engagea (Dreyfus), Voltaire aussi (Calas).
et voilà les preuves des contre vérités qu’il avance sur Mélenchon


Pas d’accord avec toi Annie, je lis Onfray depuis ses débuts… Qui contrairement à ce que tu prétends, est des penseurs les plus engagés qui soient. Sur Freud, il a confirmé tout haut ce que très nombreux parmi nous pensaient tout bas. Pour ce qui me concerne, j’ai fait qqs recherches sur ses travaux (ceux de Freud) à une époque, car intéressé par la récupération qui a été faite de la science psychiatrique balbutiante par les tous les états d’Europe Occidentale jusqu’aux confins de la Russie Tsariste…
Jusqu’à nos jours! Il existe très peu d’ouvrage relatant le Congrès des Psychiatres de Vienne en 1935. Certaines bibliothèques en ont un exemplaire mais le tiennent soigneusement caché, hors d’atteinte à cause de son contenu. Il y est fait mention notamment de la psychiatrie en tant que moyen de pression des masses, mise à disposition des pouvoirs politiques à une époque où tous les Etats cherchaient de nouveaux moyens de contraindre les populations dans leurs chaines sociales. J’ai longtemps cherché à consulter cet ouvrage, à Paris, à Berlin, à Vienne (je lis l’allemand et même l’allemand gothique). N’étant pas un « illustre chercheur » diligenté par une Université ou mandaté par un Etat, on me l’a refusé.
Dois-je dire à quel point j’étais véritablement fou de rage???
Bref, s’agissant d’Onfray, lorsqu’il a phagocyté Freud dans son livre « le crépuscule d’une idole », c’est Gérard Miller qu’on a dépêché contre lui, le psychiatre Iconoclaste, ce charlatan des plateaux TV, cet acharné de la médication chimique, cet âne bâté adepte de la castration de la pensée, qui sans la Sécurité Sociale Française vivrait comme son idole de la naiveté de ses pairs pour ne pas crever de faim.
Ce qui me surprend un peu de toi je dois dire Annie… J’iamgine que tu as dû faire de son livre une lecture asynchrone pour ne pas en avoir saisi l’esprit. Je n’ai pas encore lu le livre dont tu parles mais connaissant et l’esprit acerbe et la qualité du travail d’enquêteur de l’homme, je l’achèterai et le lirai! Ne serait- ce que pour me faire ma propre opinion, comme tu devrais le faire plutôt que d’inciter à la polémique…
Le libre-arbitre Annie, le sacro-saint libre-arbitre.
Tu fais un mauvais procès à Onfray Annie… Il a été le 1er à intégrer un Atelier de Philosophie dans les programmes des Universités Populaires – dans sa ville de Caen – mettant la matière philosophique à la portée du commun des mortels quand l’Éducation Nationale Française en est encore à l’inclure à peine dans ses classes de seconde.
Pas d’accord Annie, pas d’accord du tout!!!
@Putt c’est chaud ce sujet, c’est mieux que l’indifférence.
Il est oublié tout un tas d’autres gens que je ne vais pas citer ici (Lacan, Dolto pour les Français) mais aussi Wilhelm Reich qui justement lui pris un parti politique durant le fascisme, et qui contribua avec SEXPOL, lui aussi tourna mal. Pourquoi il est toujours demandé aux gens célèbres d’être parfaits ?
L’immense « excuse » de Onfray est son université de Caen, c’est un beau cache sexe en effet.
J’ai lu Freud et tout un tas d’autres autour et sur lui. Ceux aussi qui ont su prolonger.
Il se trouve que j’ai aussi fait une analyse… et je peux témoigner qu’elle m’a « sauvé » pour résumer. Juste que je souffrais 24/24 et que j’ai pu « retrouver mes esprits » grâce à elle.
Donc je suis moi aussi partisane.
C’est ton droit le plus strict d’être partisane. C’est juste dommage de voir un esprit perdre un peu de sa liberté pour un « parti pris »…
Un cache-sexe l’UP de Caen? Je connais bcp de caennais qui ne seraient pas d’accord avec ce label… Mais quand bien même, pourquoi ne pas admettre le cache-sexe en tant qu’étape intermédiaire jusqu’à la nudité libératrice?
Par ailleurs, je connais bcp de villes, dont la mienne, qui conditionnent ce genre d’initiative au nombre de participant-e-s et autres exigences comptables… « Démocratie Participative » oblige!!!
@Putt c’est le contraire : la psy m’a donné de pouvoir exercer ma liberté (ça se lit pas sur ce blog ?) d’une manière plus complète que m’empêchait des contraintes psycho dont je vois beaucoup affublés malgré eux.
Mais n’empêche que ce que je reproche surtout à Onfray c’est de ne pas se mouiller dans ces temps d’extrême besoin du contraire.
quels sont les intellos qui le font ? à peine Todd (qui me déçoit aussi) il appuyait Montebourg, il va courir pour Hollande.
des célébrités soutiennent le FdG j’ai oublié lesquelles… je les retrouve pas, mais on doit pouvoir le faire en cherchant dans cette liste http://www.placeaupeuple2012.fr/liste-dappui/
Onfray, j’en ai lu deux ou trois livres. Pas convaincu. C’est difficile à lire, je trouve (c’est une opinion de touche-à -tout, non de spécialiste) qu’il manque de rigueur. Son dernier livre m’est tombé des mains. Je ne sais même plus ce que c’était.
L’engagement, quand les idées sont derrière, c’est magnifique. Un grand ami, très engagé lui aussi, a même contribué à imprimer clandestinement la Cause du Peuple quand le journal fut interdit.
J’apprécie Onfray, il est accessible, dépoussière la philo, fous des coups dans la fourmilière des dogmes les mieux établis, Freud par exemple, ce qui est toujours une bonne chose. Son traité d’athéologie est un outil précieux face au retour de la bigoterie ambiante, et même si cet « intellectuel » qui se définit comme social-libertaire est parfois un peu trop présent sur les plateaux télés, il n’en reste pas moins à des années lumières des BHL, Finkielkraut et autres puants. J’aimerais avoir Onfray comme interlocuteur dans mon bled. Un des seuls à considérer que la philo et pour tous(tes) et à le mettre en pratique
@ Annie
« @Putt c’est le contraire : la psy m’a donné de pouvoir exercer ma liberté (ça se lit pas sur ce blog ?) »
Ben non, ça ne se lit pas que tu tires ta liberté de là … Il faudrait te connaitre de longue date et plus intimement je pense pour en arriver à cette conclusion.
Mais tant mieux si c’est, je m’en réjouis, c’eût été dommage de nous priver de ta liberté chèrement acquise sur la toile.
Mais là n’est pas le propos… Vivre fait mal, vivre est douloureux. Certains médecins font le choix de cette spécialisation pour « soigner » ces souffrances et c’est tant mieux!
Ce n’est pas cet aspect de la psychiatrie qui est mise en cause, c’est l’autre. Celle liée précisément aux carences de la construction psychique de l’individu, confronté à une société collective organisée politiquement qui exige son anéantissement pour lui substituer les exigences de la collectivité.
DSL, mais je ne peux pas faire plus simple. J’espère être clair?
@Putt j’ai dit « ma liberté de ton et de sujets » je n’ai pas dit qu’on pouvait en voir l’origine, j’ai dit qu’on pouvait le voir, j’espère ici, dans sa pratique.
qui ne l’a pas vécu ne peut savoir ce qu’est la souffrance psychique, on a mal partout, chaque millimètre carré du corps, de la peau fait mal… mais on ne le sait pas, c’est quand ça s’arrête qu’on s’en rend compte.
maintenant concernant la société : l’individualisme met bien plus l’individu par terre, à vouloir mettre les gens dans des petites cases opposées, ils prennent peur du voisin, c’est la jungle du tous contre tous.
L’Humain ne peut vivre que dans la coopération.
Bonjour,
Onfray, honnêtement, je l’ai écouté longtemps et avec délices dérouler sa contre-histoire de la philosophie, l’été, sur France Q, et c’était le seul philosophe que je pouvais écouter une heure sans bâiller.
Mais lorsque j’ai acheté l’un de ses bouquins, je me suis rapidement dit qu’il aurait gagné à rester dans son domaine: l’oral, et l’enseignement. On peut être un bon connaisseur, un bon enseignant, sans pour autant avoir un apport décisif à fournir à sa discipline. Voilà l’une des choses qu’il m’a apprises, sans le vouloir, probablement.
François merci pour cet accord… il faudrait que les gens arrêtent d’avoir des idoles, raisonner par soi-même est plus sain. Déjà qu’il soit enseignant est une belle tâche qu’il s’y tienne au lieu de vouloir réviser toute la philosophie du monde et d’affirmer qu’il est le « sauveur ». Les gens qui disent avoir raison sur tout sont souvent des dictateurs.
j’en profite que préciser qu’il ne s’agit aucunement de ça pour le FdG, les économistes atterrés disent la même chose depuis « avant » et tous les keynésiens
C’est dans l’air du temps de taper sur ceux qui sont ou étaient contre le système. Sartre était un des plus grands philosophes du 20ème siècle et ce n’est pas à l’avantage de Michel Onfray de le démolir.
J’ai vu Onfray à la télé et il ne m’a pas intéressé, il résume et rend la philosophie accessible, mais ça s’arrête là . Il ne s’engage pas et ne prend donc aucun risque. De toutes façons on ne voit que les mêmes abonnés dans les médias qui ressassent à l’infini un discours stéréotypé, n’apportant rien de nouveau et très ennuyeux.
Je ne comprends pas l’hostilité d’Annie vis à vis d’Onfray, il a dû lui faire du mal d’une façon ou d’une autre… Bizarre de mal-aimer qq’un aussi fort, juste à travers ses écrits.
En tant que philosophe, et en ceci il concorde parfaitement avec son statut, il ne fait qu’ « inviter » à la matière… Même s’il y va fort. A plus forte raison à une époque qui n’a plus pour seule philosophie que celle du pognon et en ces périodes troubles qui voient le retour en force des religions monothéistes sur toutes les scènes politiques mondiales.
Pour ce qui me concerne enfin, j’ai pris l’invective d’Annie un peu pour moi, j’ai découvert Nietzsche, Schopenhauer, Spinoza et autres grecs antiques bien avant Onfray. C’est avec eux que j’ai appris à penser par moi-même et non pas grâce à Onfray qui, lui aussi somme toute, n’invite à rien d’autre sinon qu’à voir des Camus et des Sartre et tous les illustres penseurs récupérer un peu de ce brillant qu’on décerne plus vite et plus volontiers à de célèbres footeux en ces temps de malbouffe culturelle…
@Putt je l’ai expliqué, felix dit comme moi, je n’ai rien de plus à rajouter
Je m’engage chaque jour de ma vie depuis les années 60… ce blog en est un témoignage. Et là je reviens d’une réu du PG.
J’ai écouté Onfray à la radio, moi aussi. J’ai d’abord été séduit par le brio de l’orateur, puis peu à peu déçu par sa suffisance, cette façon de « s’écouter soi-même » vite décelable (genre « l’ai-je bien descendu ?’, l’escalier du festival de Canne…). Bon : le seul bouquin que j’ai lu (ou essayé de lire) de lui m’est tombé des mains, moi aussi !
L’important reste « Sartre – Camus »… Ce n’est pas par hasard que j’ai beaucoup fréquenté (à ma façon de poète, je le concède) les deux amis, devenus « ex-amis », au minimum : Et, malgré mon admiration pour le lyrisme de Camus, j’ai très vite été déçu – et gravement – par son refus de prendre position claire contre le colonialisme français en Algérie, qui m’a envoyé (comme tant d’autres) participer du mauvais côté à cette guerre ignoble… Puis, trop tard pour moi, j’ai enfin appris (à la quille fin 62) que Sartre avait lancé, lui, le « Manifeste des 121″ en faveur de l’insoumission (ce manifeste fut largement boycotté par les média) et avait participé au « réseau Jeanson ». Alors oui, je sais que Sartre a fait des erreurs, dans les aventures d’engagement, c’est fatal. Mais il a refusé le Nobel que Camus était tout content, lui, d’accepter : Un jour, Onfray aura-t-il le Nobel?…
Rem* merci pour ton témoignage. Putt ne revient plus sur ce blog. Ma question : est-il vraiment de gauche ? Sur Onfray il a jeté le bébé avec l’eau du bain, question est-il comportaliste ou behaviouriste qui décide de la psy d’un enfant à 3 ans ? @+
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