Les hommes politiques peuvent-ils être sincères ?




Ce samedi 30 janvier 2016 France-Culture nous a proposé une émission sur le thème de la vérité en politique, elle est écoutable par là, et malheureusement non exportable.

Accusés de promettre sans pouvoir tenir, de mentir une fois parvenus au pouvoir ou de refuser la transparence – devenue l’indépassable horizon de nos démocraties, les politiques passent leur vie à se justifier d’une sincérité intacte de leurs convictions et de leur action, sans toujours convaincre.

Ce qui nourrit un décalage entre la multiplication des promesses de sincérité et le sentiment croissant que le mensonge domine notre vie politique.

Le philosophe espagnol Daniel Innerarity rappelle que la sincérité en politique est l’une des grandes questions démocratiques. Elle implique une réconciliation impossible entre ce que les politiques promettent, ce qu’attendent les électeurs, et ce que les dirigeants peuvent en réalité accomplir une fois élu.

On peut en conclure, comme il le fait, qu’il ne faut pas trop attendre de la politique en démocratie. Mais on peut également s’interroger sur la défiance qui structure notre rapport au monde politique. La classe politique pense que la sincérité coûte plus cher qu’elle ne rapporte, les citoyens n’étant pas prêt à entendre la vérité et la masse de nos concitoyens voit dans la sincérité un signe de la trahison de nos élites qui nous cachent la vérité.

Tout ceci étant dit, comment définir la sincérité en politique ? Est-elle toujours de bon aloi et de circonstance ? Comment l’améliorer pour ressouder les liens politiques qui nous unissent à nos dirigeants ? Ce sont les questions, moins évidentes qu’il n’y paraît, que nous abordons aujourd’hui avec nos invités :

Michel Rocard : ancien Premier Ministre, un des grands tenants du « parler vrai », et Myriam Revault d’Allonnes : philosophe, professeure des universités à l’École pratique des hautes études, spécialiste de philosophie morale et de philosophie politique, chercheur associé au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po).

Lors du premier rendez-vous hebdomadaire de Mendès-France avec les Français (il y en aura 26 de juin 1954 à février 1955), il explique son intention de s’adresser régulièrement au pays pour lui « parler en toute simplicité ».

émissions radiophoniques de Mendès-France

Dire la vérité n’a réussi ni à lui ni aux Français : Mendès-France (1) n’a eu le pouvoir que quelques mois, se contentant de mandats locaux (de 1932 à 1968), les Français lui gardent une estime sincère mais pour quoi faire ? avoir au moins un homme politique dans leur Histoire récente pour qui ils peuvent être fidèles sans restriction, avec comme un goût de frustration, de rêve inassouvi ?

On apprend aussi dans cette émission que le thème du soupçon des politiques était identique en Grèce antique. La grande différence étant que les Grecs étaient actifs et participaient directement sur le l’Agora (2), d’où les femmes (3) étaient exclues ainsi que les esclaves (4).

La famille Le Pen manipule les chiffres de l’immigration et cela plait à 25% à 30 % des électeurs qui ne vont pas les vérifier sur le site de l’INSEE par manque de temps ? sans motivation ? préférant les affirmations de politiques ? Ce cas est caractéristique de la volonté des électeurs de préférer les mensonges à la vérité.

On peut se poser ces mêmes questions concernant Ronald Trump. Parmi ses affirmations : qu’il n’y a pas de changement climatique que ce ne serait qu’une propagande pour transférer d’énormes fonds du Nord vers le Sud. Visiblement toute cette propagande affirmant, de la part d’un milliardaire, qu’il veut/faut redonner le pouvoir au peuple, plait… aux pauvres.

(1) au Parti Radical de 1924 à 1959, puis PSA qui deviendra le PSU en 1960. Il soutint la candidature de Mitterrand en 1965, 1981.

(2) L’agora était le lieu de rassemblement politique, mais aussi celui de l’exercice du commerce et de la religion, il sera le forum à Rome.

(3) la moitié de la population sur Terre.

(4) de 1 à 5 esclaves par ménages selon les époques.




A propos Annie Stasse

Fondamentalement de gauche. Passionnée d'histoire, d'Économie. J'avais prédis la politique que mène Hollande dès mai 2011. Pour la sortie de l'euro : l'ordolibéralisme de l'Allemagne nous mène au désastre général, peut-être une guerre, en tout cas pas à une diminution du chômage et une remontée du pouvoir d'achat des plus pauvres… je viens d'adhérer au PARDEM (Parti de la démondialisation) avec lequel je partage les analyses.
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3 réponses à Les hommes politiques peuvent-ils être sincères ?

  1. J’ai essayé de twitter impossible, compte suspendu..

  2. Dès le traité de Rome, Mendès avait tout compris de la régression sociale qui venait…

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