La guerre et la paix, Tolstoï

la guerre et la paixValse hésitation à parler de cette lecture dans un temps où l’Occident serait prêt à s’entretuer à nouveau. Que dire de plus que tous les critiques, tous positifs, sur ce livre masse ? Impossible dans un article de quelques signes de rendre compte d’un livre, dans l’édition de la Pléiade, ayant 1650 pages. J’ai choisi cette édition car elle a l’avantage de tenir en un seul volume, on peut ainsi feuilleter, revenir en arrière ou aller en avant pour se faire une idée des réflexions de Tolstoï plus avant. De plus il est plus léger pour le transport, et m’a coûtée 30 € en occasion. Un des intérêts de cette édition est qu’il comporte un résumé des chapitres, ce qui évite le suspense qui est source d’inattention. Autre inconvénient, à force de tarder, 3 mois se sont écoulés depuis la fin de ma lecture, ce n’est plus la précision qui me reste mais plutôt une impression générale. Il est vrai que j’ai en toile de fond les campagnes de Napoléon, qui m’ont été révisée ici, ce n’était pas du luxe, car n’ayant pas la plus grande estime pour cet empereur je n’avais que survolé ce passage de l’Histoire de France.campagne de russie

Prenons une carte, celle du livre. Napoléon traversa ce qui est nommé actuellement la Biélorussie (Minsk), que Tolstoï nomme Russie tout au long. Aucune mention que le passage vers Smolensk serait l’arrivée en Russie. L’Ukraine est toute proche, aucune mention dans le livre de ce pays comme autre que la Russie, par ex. en disant « Napoléon était proche de l’Ukraine« . Non rien de tel. Le tout forme la Russie.

Ce livre est une approche sur plusieurs plans en même temps et qui se côtoient de la Russie : la vie des familles, des individus marquants du livre, leurs pensées et leurs actes ; les commentaires qui forment digression de Tolstoï sur la guerre, sur Alexandre, ses généraux, son maréchal Koutouzov, sur l’Histoire. Il juge Napoléon et ses maréchaux qu’il méprise, ses stratégies de guerre qui, allant de victoire en victoire jusqu’en 1812 finissent dans l’anéantissement de toute une armée. A dire vrai j’étais plutôt aux anges lisant sa critique de Napoléon, partisane, soit.

Une autre évidence est que la Russie est en Europe. Ils parlent français ou russe. Les Russes parlent, pour les instruits, tous français, ce qui facilite la communication entre gradés, d’armée à armée. La culture y est différente soit, comme l’est celle de l’Espagne ou de la Grande-Bretagne, mais nous sommes dans une Histoire commune celle de l’Europe.

Ainsi ce livre est un livre totalisant. Par moment je sentais une lassitude, l’ennui venant, mais non Tolstoï juste à ces moments là faisait rebondir le livre par quelques descriptions, pensées philosophiques, ou au contraire, approche au plus intime de la pensée de l’un de ses personnages, et me voilà repartie pour aller plus avant dans le livre. Et si je sentais trop de suspense qui m’incite à voler plutôt que lire, j’allais me calmer en lisant les résumés des chapitres futurs. L’écriture de Tolstoï est facile à lire, riche en descriptions, en vocabulaire, en styles selon ce qu’il traite. Dois-je dire une évidence : un immense écrivain comme il y en a peu.

C’est le livre de Tolstoï que j’ai préféré, peut-être parce qu’il y ait question d’Histoire ? Cependant il m’a incité à retourner lire d’autres livres de cet auteur.

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2 réactions à La guerre et la paix, Tolstoï

  1. partageux a écrit:

    « […] la Biélorussie (Minsk), que Tolstoï nomme Russie tout au long. Aucune mention que le passage vers Smolensk serait l’arrivée en Russie. L’Ukraine est toute proche, aucune mention dans le livre de ce pays comme autre que la Russie […] »

    Sais-tu que Kiev, capitale de l’Ukraine, est encore aujourd’hui surnommée « la mère de toutes les villes russes » ? Tout simplement parce que c’est historiquement la toute première principauté russe…

    Sais-tu qu’aujourd’hui on dit aux écoliers ukrainiens que Isaac Babel et Mikhaïl Boulgakov — deux auteurs de la première moitié du XXe siècle de Kiev dont une grande partie des œuvres se déroulent à Kiev — sont « russes » parce qu’ils écrivaient en russe comme tous les Ukrainiens qui écrivaient ?

    Sais-tu que la quasi-totalité des Ukrainiens sont bilingues ? Le plus clair d’entre eux parlent russe ET ukrainien. Mais il y a des minorités qui parlent en plus slovaque, roumain, hongrois, polonais, allemand, yiddish, etc.

    Sais-tu que la « révolution orange » était la mise à l’écart d’une oligarchie par une autre oligarchie ? Et que la « révolution » actuelle est la deuxième prise de pouvoir de cette oligarchie ?

    Mes copines ukrainiennes renvoient dos à dos les deux oligarchies qui ont du reste conduit exactement les mêmes politique furieusement libérales (et furieusement kleptomanes).

    • Annie Stasse a écrit:

      C’était un peu de la provocation d’écrire cela sur l’Ukraine, un peu d’anachronisme à ma manière.
      l’Ukraine est la mère de la Russie, en effet. Le Russe est parlée en Ukraine. Ce séparatisme n’a pas de sens.
      Sur les oligarchies : les pauvres gens on sait de ce côté ci de l’ Europe qu’il nous ait impossible, à ce jour, de s’en débarrasser.

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