C’est un complexe que j’ai eu. A l’école ? nulle. En formation permanente tout à coup je suis mise en « sup, 4ème degré », les meilleurs quoi. Que m’arrive-t-il ? Il y avait plus nul que moi et en grand nombre. Tout est donc relatif. Je voyage depuis longtemps un peu partout et la seule langue que tout le monde comprenne un peu : l’anglais. Donc je pratique doucettement pour des choses très ordinaires.

bus thailandais
Puis je suis partie pour de longs mois, plusieurs années de suite en Asie du Sud-Est. Le cambodgien, le vietnamien ou le thaïlandais ? non sans façon. Donc anglais. Les ThaÏ très fier de leur anglais ont un accent absolument incompréhensible pour un Occidental, tout simplement des sons n’existent pas dans leur langue d’origine tel le L ou le R et d’autres. Butter… on comprend rien. C’est pas leur faute. Mais voila-t-il pas qu’ils me reprochent mon anglais à moi, Française – évidemment ! la réputation ! -, me disent que vraiment je parle mal et qu’ils ne peuvent rien comprendre à ce que je dis.
Comme j’avais de longues conversations en anglais avec des anglophones, dont un Londonien, je lui demande son point de vue. Il rigole.
- Mais oui je vous comprends très bien. Les Thaïs ? je comprends absolument rien à ce qu’ils disent.

Thaïlandais à la guest house
Me voilà rassurer. Tout est donc affaire de point de vue. Mais un Londonien j’étais flattée.
Les Californiens ? ne m’en parlez pas c’est absolument incompréhensible aussi. Les Écossais pas terrible, un peu comme des Marseillais d’ailleurs c’est assez curieux. Mais enfin avec application et pratique Californiens et Écossais on finit par y arriver. Le pire ce sont les Irlandais. Avec eux c’est totalement impossible de comprendre 3 mots, mais ils le savent.
Je demande donc à ce Londonien s’il a appris le français. En fait le dialogue qui suit je l’ai eu avec pas mal d’anglophones.
- Oui 7 ans.
Tiens tout comme moi l’anglais donc.
- Parlez-vous français ?
- Ah non impossible, je ne dis qu’à peine bonjour et au revoir.
C’est rigolo quand même cette histoire que des gens ayant appris une langue le même nombre d’années que nous n’en peuvent dire 2 mots.
Je n’ai plus aucun complexe et parle anglais et même des conversations, on me comprend.
Sur les sous-titrages
Je suis totalement contre. Je sens que j’en contrarie plus d’un ici.
En effet la nature ne m’a donné que 2 yeux. Pas 4. Dommage mais c’est ainsi. Et donc comme pour un film j’ai absolument besoin de regarder ce qui me semble être la nature même d’un film : images, cadrages, jeux des acteurs, mouvements etc… je ne peux en même temps lire le sous-titrage, car les accents ne sont pas forcément en « notre » faveur. C’est bête quand même cet handicap. Et vous, les partisans du sous-titrages, vous préférez lire que regarder le film ? C’est curieux comme option. Autant écouter la radio alors. Ou lire un livre.
Donc je suis bien heureuse qu’Arte ait stoppé le sous-titrage. Des gueulantes régulières, à chaque film, dans les commentaires de Télérama. C’est lassant. Ils se répètent pour rien. Ils pourraient finir par se faire une raison et regarder sur un autre canal ou ne s’acheter que des films en version originale et arrêter de nous emm… avec leur revendication que personne ne lit à Arte ni à Telerama, sinon les passants. Ça ne sert donc qu’à nous énerver et à rien d’autre. Des sortes de trolls finalement.
La moralité de l’histoire c’est que pour parler une langue autre que le français le mieux est de voyager.
Une autre histoire vécu
Dans une école de campagne un enfant d’environ 8 ans d’origine marocaine se faisait, par racisme, embêter par ses « collègues de primaire » et même par ses enseignants. Il était mauvais élève. Bien que tout à fait sage, mais mal dans sa peau.
Je l’ai pris en cours particulier et je lui ai parlé de son pays, de ce que j’en savais, atlas à l’appui pour lui mieux faire connaitre son pays. Je lui ai expliqué que lui était « plus fort » que ses petits camarades : lui parlait 2 langues, comme c’est courant en Afrique (voire bien plus).
Parallèlement je lui lisais un livre (Robinson Crusoé). Et bien cet enfant a pris une assurance sur son identité… il est devenu « bon élève » et les « collègues » de classe ont arrêté de l’embêter ! ou alors il savait quoi leur répondre :
- moi je parle 2 langues et toi ?





Cela me remémore une anecdote, du temps où j’étais à l’armée. Je rentrais de permission, dans le wagon de tête (allant donc le plus loin) de l’Orient-Express – terminus Istanbul. J’étais en uniforme avec d’autres bidasses. Et par hasard il y avait aussi un groupe de jeunes. Nous avons essayé de discuté. J’ai essayé de sortir mon meilleur anglais (j’en ai fait pendant 9 ans) : eh bien impossible de comprendre un seul mot de ces jeunes, qui pourtant croyaient sans doute parler anglais. Je n’ai compris que le mot « Ou-esseille » pour donner une vague idée de ce charabia (USA ? ils n’avaient absolument pas l’accent américain). Impossible même de savoir quelle était leur nationalité.
Non, effectivement, il n’y a pas à avoir de complexes.
Ben, sans vouloir jouer le cinéphile obtus qui ne jure que par les cahiers du cinéma, il y a des films qui doivent être vus en version originale sous titrée pour en comprendre les subtilités au niveau de la voix des acteurs. Un film chinois, coréen, iranien, etc, en version française, j’ai vraiment du mal, et les sous titrages ne m’empêchent pas d’apprécier cadrages et lumière…peut-être ai-je 4 yeux ? Je vous conseille d’essayer un western en langue allemande, par exemple, ça frise le ridicule ! Sinon, j’ai fais 7 ans d’anglais, mais comme je ne pratique pas la langue, je suis nul : le seul moyen, c’est effectivement de voyager, d’être dans le bain, d’aller vivre 1 an dans un pays anglo-saxon.
oseille ? no capisco !
et ils arrêtent pas de nous em… avec notre nullité. C’est en peu comme pour l’économie de l’Allemagne, ça finit par me donner des boutons
j’attendais un contestataire des VF : si on dit tous pareil on s’ennuie.
mais j’avoue que je comprends pas comment on peut TOUT voir.
j’avoue qu’un western en allemand ça doit avoir son pesant de rigolade.
mais il est vrai que des films iraniens ou japonais… posent quelques problèmes. En fait faudrait les voir 2 fois : 1 en VF pour comprendre l’histoire, et une en VO pour l’atmosphère et les vrais sons.
Bien d’accord Annie. Je ne connais pas beaucoup de films japonais qui vaillent cette double vision-audition. J’ai « Les 7 Samourais », et c’est sous-titré. J’ai des animations de Miyazaki (mon fils a écrit un mémoire sur les convergences entre la manga d’auteur et la BD franco-belge), et là, cela ne présente pas d’intérêt. Quant à « L’île nue » (Shindô), elle réussit cette performance de n’avoir aucun dialogue, rien que des sons, des musiques parfois, des cris.
D’une façon générale, à moins d’être un puriste d’un acteur au jeu vocal particulier, je ne vois guère l’intérêt d’une VOST. Les Monty Python, peut-être ?
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