Les banquiers ont pris le pouvoir en Grèce et Italie, bientôt chez nous

Certes je ne tenais pas Berlusconi en grande estime. Certes Papoudréou n’était pas plus socialiste que d’autres en France. Mais ils ont été élu par leur peuple. Et démis sous la pression des agences de notation, par les banquiers.

Il a été dit pis que pendre de la proposition de référendum par Papandréou. Mais au moins cela aurait permis une discussion à travers tout le pays, ce dont les Grecs ont besoin. A la place, comme le dit Dornac : les loups sont entrés à Athènes. Dans la chanson de Reggiani les loups sont les fascistes. Ils font partis du gouvernement d’union nationale, dont Sarkozy se réjouit : « Je me réjouis de la formation, sous votre autorité, d’un gouvernement de large union à même d’assurer la pleine mise en Å“uvre de l’accord du 27 octobre et des mesures qui en découlent. » Réjouissons-nous en effet le ministre de la marine est d’extrême droite, doux souvenirs du régime des colonels qui gouverna jusqu’en 1974, pour se préserver de toute aventure communiste.

Nous avons déjà eu ce bel exemple décrit par Annie Riz-Lacroix pour l’entrée en guerre de 1940 : tout plutôt que le Front Populaire, et le choix de la défaite. Sommes nous à des prémices similaires, mais cette fois ce seront les banques qui prennent le pouvoir, finalement quelle différence ?

Déjà a été mis à la tête de la présidence de la BCE : Mario Draghi, banquier, vice-président de la banque d’affaires Goldmann Sachs-Europe qui avait aidé la Grèce à maquiller ses comptes, puis gouverneur de la banque d’Italie.

Deuxième tour : Berlusconi. Nous, ni les Italiens, ne le tenaient en grande estime, surtout les femmes, en effet les hommes faisant une projection se sentaient ragaillardis pour jusqu’à leur mort. Cependant c’est, là aussi, sans élection qu’il est sorti. Rappel il était élu. Pas de vote de censure à l’assemblée.

À qui le tour ? Sarkozy ? Si c’était le cas en France, une grande partie de la population s’en réjouirait. Pour ma part si c’est par les mêmes procédés je ne m’en réjouirais aucunement, mais serait prise d’une peur immense, qui déjà me gagne.

Déjà certains appellent à un gouvernement d’union nationale. Vont-ils y associer la famille Le Pen ? Après tout elle garde de bons scores dans les sondages, certains pourraient penser légitime, comme en Grèce, de l’associer à un futur gouvernement pour « sauver » la France. Dominique de Villepin et François Bayrou plaident tout deux pour une nouvelle union nationale, assorti d’un plan d’austérité plus musclé.

Il s’agit bien de coups d’état réussi en Grèce et Italie, avec mise à leurs têtes (1) :

  • Lucas Papademos : cet ancien dirigeant de la banque centrale grecque (1994-2002), puis ancien vice-président de la BCE durant huit ans (2002-2010), et qui depuis ces deux postes ne pouvait rien ignorer des faux comptes grecs, devient premier ministre grec. Sa condition : un gouvernement d’union nationale qui va de la droite extrême au parti socialiste.
  • Mario Monti : cet économiste de la droite libérale, commissaire européen en charge du marché intérieur puis de la concurrence durant dix ans (1994-2004), et à ce titre acteur déterminé de la dérégulation des marchés européens, nommé mercredi sénateur à vie, doit devenir premier ministre italien. Sa condition : un gouvernement d’union nationale qui devrait aller de la xénophobe et populiste Ligue du Nord au principal parti d’opposition de gauche à Berlusconi, le Parti démocrate.

Est-ce que des Hollande s’associeraient à une union nationale qui rassemblerait au plus large de l’extrême droite du FN, en passant par Bayrou et Villepin, et comprendrait les Verts ? (le FdG ne serait pas amateur).

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(1) informations de Mediapart.

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10 Arguments Les banquiers ont pris le pouvoir en Grèce et Italie, bientôt chez nous

  1. babelouest says:

    Soyons assurés que la même chose se représenterait, ou se représentera avant les élections. Ce serait même « judicieux », de mettre les citoyens français devant le fait accompli avant qu’ils ne se soulèvent.

    Pessimiste ? Allons, peut-être, et espérons-le !

  2. Annie says:

    + de 40 mn, aussitôt que j’ai un moment (demain sans doute) je l’écoute

  3. emzophone says:

    La finance détient déjà le véritable pouvoir dans ce beau pays…..quant à l’indifférence apparente du peuple, il faut se méfier de l’eau qui dort. Et le pouvoir en place en a bien conscience, d’où manipulations et mensonges, instillation permanente de la peur ( de l’autre, du chômage, du lendemain,etc ): quant il n’y a pas d’ennemi extérieur, on invente l’ennemi intérieur, et inversement. Ayez même peur de votre ombre ! Bientôt un ministère de la peur ?

  4. Annie says:

    … et il est reparti sur ce qui marcha pour son élection les fraudeurs… surtout le voisin ; pas celui qui a le pouvoir, qu’on ne connait pas (physiquement) et qu’on ne peut « toucher »â€¦

  5. babelouest says:

    Le pékin moyen se laissera-t-il berner une fois encore ? Bizarrement, on peut le craindre. Le truc « c’est pas moi, c’est l’autre » marche toujours, rares sont ceux qui acceptent leur part de responsabilité dans le $Y$T€M, la vraie part, pas celle dont les médias lui ressassent le contenu, genre « tu es trop souvent malade, tu triches pour tes impôts, tu gagnes trop ».

    Il y a eu presque 19 millions de voix pour Sarkozy en 2007.

  6. Annie says:

    il prend le bon chemin, il peut « gagner » encore cette fois.
    nota : l’accord verts/PS me scandalise, vendre son âme pour des places.
    Rien n’est remis en cause sur la politique économique, on va au désastre. Mais j’ai pas le courage de crier encore la même chose pour cette fois. Et je n’ai pas assez d’arguments techniques.

  7. babelouest says:

    Il semble que cet accord puisse être déjà caduc : les négociateurs PS, après la signature du document, en auraient supprimé un paragraphe sur injonction de Proglio. Voici ce paragraphe :

    - Une reconversion à emploi constant de la filière du retraitement et de fabrication du MOX, et des moyens de stockage des différents types de déchets notamment le laboratoire de Bure, en centres d’excellence du traitement des déchets et du démantèlement.

    Très important, il était certainement la pierre d’achoppement de l’accord. Supprimé, il rend la signature caduque. (vu sur Médiapart)

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