Grande ambition je vais faire quelques articles sur le nazisme : ses origines, sa venue au pouvoir, sa politique économique, sociale, raciste.
Front National en France
C’est mi des années 80 que le FN est arrivé dans les urnes et sur la scène politique française, à cette époque je ne comprenais pas, puis j’ai côtoyé les pauvres ou déclassés dans le sud de la France et je les ai entendu chaque jour. Non que j’ai mieux compris, mais au moins j’ai vu d’où ils parlaient. Depuis la venue de Marine Le Pen a sa tête il prend un air plus adouci, si bien qu’on peut craindre qu’un autre parti plus extrême se crée pour intégrer des jeunes plus offensifs. C’est un phénomène européen parce que l’Europe ne porte plus que le désespoir et l’injustice.
Ces partis naissent toujours dans les crises économiques et prospèrent dans leur durée et profondeur, accompagné d’un décollage de la réalité des partis de gauche. La préface (1954) de Daniel Guérin qui s’applique aux années 1930-1940 peut être reprise dans ses termes on se croirait maintenant, c’est toujours la même analyse :
…la gauche française présentait un affligeant spectacle : celui de la division, de la pétrification et de l’impuissance. Non pas qu’elle fut aussi mal en point qu’elle l’est aujourd’hui. (…) elle était installée, enlisée, dans la scission ouvrière.… chacun de ses deux tronçons se trouvait figé dans un stéréotype.… la SFIO déjà engluée dans la collaboration de classes, dans l’électoralisme à la petite semaine
On dirait des fois que l’histoire se répète ou n’est-ce qu’une illusion d’optique…
N.S.D.A.P. ou parti nazi en Allemagne
La première menace hitlérienne a commencé dans les années d’inflation qui suivirent la 1ère guerre mondiale. Puis l’apaisement se fit durant 6 années, il y eut la république de Weimar qui fit penser que tout était calmé, oublié, la démocratie était revenue pour toujours, le parti nazi était tombé à 3,5 % des voix. Bien sûr durant cette période le N.S.D.A.P. connut une crise interne, Hitler condamné à 5 ans d’emprisonnement, le parti dissous, des oppositions internes (Strasser voulait une politique sociale, une alliance avec l’URSS, Hitler lorgnait du côté de Mussolini), et aussi une réorganisation : formation des SS, de ligues, réforme des SA, bonnes relations de Hitler avec les milieux industriels de Rhénanie.
En 1927 écroulement des cours, les faillites se multiplient, les chômeurs passent de 1,500 millions en 1929 à 6 millions en 1932. Octobre 1929 krach boursier de New York. En Allemagne la production tombe en 1932 à 50 %, voire 30 %, du niveau de 1929. L’encaisse de la Reichsbank passe de 2 216 à 984 millions de Reichsmarks.
En 1928 le parlement (Reischstag) comprend 150 sociaux-démocrates plus que jamais auparavant, à partir de 1929 les votes vont inversés les proportions. Le parti nazi comprend 120 mille membres en 1929, 210 mille en 1930. Les partis démocrates se sentent incapables de faire face à la débâcle économique. La seule stabilité restante était l’armée elle-même très influencée par la propagande hitlérienne.
Pendant ce temps Hitler organise ses liens avec le patronat :
- avec le magnat de la presse et actionnaire principal de la société de film UFA, Hugenberg
- avec le chef du Casque d’Acier (1), Seldte
- avec le directeur du syndicat patronal des mines de la Ruhr, Emil Kirdorf.
Au parlement le parti nazi passe de 12 à 107 députés.
Le président du Reich, Hindenburg souhaite la participation des nazis au gouvernement qui refusent, Hitler veut plus de pouvoir.
- Fascisme : équivalences du passé et du présent
- Programme et politique sociale du parti national-socialiste
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(1) anciens combattants de 14-18
livres de référence : Adolf Hitler, Jean Toland, Pygmalion ; Daniel Guérin, la peste brune, Maspero ; Hitler et le nazisme, Claude David, que sais-je ; et tous ceux que j’ai oublié et qui forment ma culture.





Tout d’abord une petite précision sur un détail peut-être pas sans importance: Hitler était nommé chancelier par Hindenburg (sous pression de la MEDEF allemande de l’époque) le 30. janvier 1933, alors lorsque l’élection qui précédait cet acte le parti Nazi était déjà en recul des voix (baisse de 4%, de37,3% en jullet 1932 à 33,1% en novembre 1932), les élections de mars 1933 n’étaient déjà plus des élections libres car sous la terreur et contrôle des chemises brunes (menaces et liquidation des candidates, attentats sur des quartiers (rouges) entiers, des troupes du SA aux entrées des locaux de vote, des tricheries lorsque le comptage et, et et… en prenant compte de tout ce là, on peu considérer les 43% obtenu par le NSDAP plus tôt comme un échec pour des Nazis! (et des documents historiques montrent que c’était vécu par ceux-ci comme tel!)
Maintenant je trouve que dans cet article sont résumé des faits qui doivent être avancés envers ceux qui croient ou espèrent que la crise résultera automatiquement dans une révolte pour finir avec le capitalisme. L’exemple historique du fascisme nous montre que un automatisme n’existe pas et que la crise peu facilement engendrer pire encore! Mais à l’envers il n’existe non plus un automatisme que la crise engendra d’office le monté du fascisme ou des partis d’extrême droite, même si sur la surface ça semble d’être le cas. Pour qu’une partie importante de la classe dominante choisi l’installation d’un système fasciste comme issu de la crise, il faut un certain nombre de conditions spécifiques réunies. La montée de l’influence des nazis dans la population dans les années 20-30 en Allemagne et surtout due à la déception engendré par les échecs catastrophiques des partis de la gauche dont je rappelles quelques uns des plus importants:
- l’aventurisme, sectarisme et ‘gauchisme’ du côté du courant révolutionnaire en 1918, qui a empêché que la révolution pouvait emmener plus loin que les d’acquis obtenus (fin de la guerre, instauration d’une démocratie parlementaire, journée de travail de 8 heures, droit de vote pour les femmes …), des acquis pas suffisants pour la population et déjà beaucoup trop pour la classe dominante qui avait tout mit en oeuvre dès que leur installation pour les repousser
- le virement de bord complet de la direction du parti social-démocrate (SPD), qui après sa trahison en 1914, quand elle envoyait les ouvriers dans la guerre, se métamorphisait sous la nouvelle ‘république’ carrément en meilleur gestionnaire des affaires et intérêts de la classe capitaliste
- le ratage de la révolution de 1923 par la direction du PC allemand, qui après avoir appelé au calme et au retenu est littéralement parti en vacances au bord de la mer (en l’URSS!) et avait laissé cette révolution (pas attendue, pas voulu?) sans tête et sans encadrement
- la théorie aussi idiote que mortelle du « social-fascisme » propagé par la direction du PC allemand depuis fin des années 20, cette théorie et la politique qui la suivait complétait la division suicidaire déjà existante du mouvement ouvrier allemand et ouvrait grand la porte pour les fascistes.
Par rapport au l’influence grandissant des partis d’extrême droite un peu partout en Europe aujourd’hui il y a donc des parallèles, mais beaucoup de différences aussi et on devrait éviter à tout prix la facilité de faire du « copier-coller ». Il y a un sacre travail d’analyse à faire encore à mon avis. Ce qu’est sur c’est que les puissants partis organisations des ouvriers n’existent plus ou se trouvent comme des pas beaux restes écrasés par terre. La déception causée par « la gauche » au pouvoir et la désillusion envers la social-démocratie est toujours là, vois plus grande que jamais. Ce qu’il fait pousser ces plantes fascistoides est surtout l’absence des perspectives. A Mon avis Bernard Friot résume le problème super bien quand il dit: « Le FN c’est la conjonction du mécontentement grandissant de la population et l’absence de perspectives! » Sous aspect très important on devrait aussi faire attention qu’on se ne se définit pas uniquement par opposition contre les courants fascistes, mais comme représentants pour des projets capable de convaincre et mobiliser la population, d’une perspective d’un future meilleur!
Rolf Lott
ouahh Rolf quel plaisir ton exposé. J’ai bien envie de la mettre en article (en TE l’attribuant bien sûr) Ce que je trouve de semblable est que la sociale démocratie en France pose des problème similaires à ce que tu décris ici. Je suis en total accord avec Friot (dont j’ignorais cette position) c’est pourquoi je me refuse à voter PS depuis 2007, mais je ne suis pas du tout comprise par la gauche (même au FdG) qui me traite (à l’occasion) de tous les noms, maintenant je vais revendiquer cette concordance de vue.
La montée du FN a commencé juste après le « tournant » de 83. Ce n’est pas un hasard. Les gens ne savent plus à qui se fier pour leur avenir, en tout cas plus de la gauche. C’est pourquoi le PG et le FdG redonne un peu d’espoir.
mais sur ce que tu dis de Die Linke (ailleurs) est déprimant.
je lis et relis ton exposé. Chaque point est à penser.
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