Qu’est-ce qu’un bobo ?

C’est suite à un bref échange que je fais ce modeste article. Aucune prétention a définir la chose totalement ici. Simplement un vécu de l’intérieur, dans un temps historique qu’est ma vie.

J’ai lu récemment un camarade, de bonne foi, répondant à ma qualification de bobo Emmanuel Todd « laissons les noms d’oiseaux à nos adversaires« . Je fus surprise, puis me suis-je dis ça doit être une affaire de génération. Je fus dedans. Sans doute pas les « plus jeunes ». Ils reprennent cette expression sans en connaitre la teneur historique. Voici donc ce rappel d’après mon analyse personnelle.

J’ai fréquenté par le hasard d’un mauvais mariage un ex-porteur de valise et toutes ses relations. Très diversifiées. L’un resta fidèle, il était son ami, je ne sais s’ils peuvent encore se fréquenter, l’un est dans wikipédia, l’autre inconnu de Google.

Ils furent des porteurs de valise. Ils furent parmi l’ »avant-garde » durant quelques années, avant et jusqu’année 68 ou plutôt mai 68, même pas juin.

Je mis quelques temps avant de me rendre compte de ce qui leur arrivait. Je me souviens de mon sentiment de malaise à la rentrée de 1969. Malaise de côtoyer ces gens qui se disaient encore de gauche, mais ne l’étaient plus. Curieusement c’est eux qui m’avaient appris ce qu’est être de gauche et c’est eux qui ne faisaient plus la distinction entre un mot et son sens. Ce sens c’est dans le quotidien qu’il se doit d’être appliqué. Ce n’est pas un mot vide de contenu « être de gauche » c’est un comportement au plus profond de soi. Et le plus beau compliment que j’ai reçu récemment est « toi tu es de gauche« . En cette rentrée 1969 ils se mirent à chercher comment s’occuper politiquement. Ils avaient lu et étudié le petit livre rouge, ils ne pensaient pas du tout se tourner vers les usines comme ils avaient semblé savoir le faire en mai et un peu juin 1968. Ils cherchèrent et ne trouvèrent jamais rien.

Ce sont eux les bobos. Parce qu’ils retrouvèrent naturellement le chemin de leur classe sociale d’origine. Ils avaient suivi des études, ils allaient occuper les postes idoines. L’un chef d’entreprise, l’autre directeur de banque, un autre directeur de journal… mais un peu plus tard. Et tous éclatèrent dans ces postes qui leur ouvrèrent grand les bras, ils y étaient attendu, car curieusement leur renommée de « savoir s’organiser » « savoir commander » « être des chefs » était recherché par les entreprises à l’époque.

Je ne sais pas dater l’emploi de ce mot. Il est la réduction de bourgeois-bohème. Car ils gardèrent cette décontraction qu’ils avaient mise à la mode dans la posture et l’habillement, ils ne s’habillaient plus comme leurs parents, ils avaient l’air plus « moderne ».

Il faut maintenant l’étendre aux générations suivantes, et on peut le généraliser à toute la classe sociale qui s’est approprié les anciens quartiers populaires de Paris : La Bastille, Le Marais, Aligre qui sont devenus des quartiers infréquentables parce que regorgeant de fric.

Ils ont le pouvoir dans tous les médias. Ils tiennent le haut du pavé, ils sont les nouveaux chiens de garde. Ils sévissent aussi dans le parti socialiste malheureusement à tous ses niveaux. Je n’ai pas vu le film, mais je ne pense pas qu’il aille jusqu’à dire cela car le sujet en est surtout les médias, moi je l’étends à tous les niveaux de la politique et de la vie quotidienne.

Je les accuse d’avoir favoriser le tournant libéral de Mitterrand en 1982-1983. Je les accuse de continuer à nous inculquer partout que le libéralisme c’est le mieux. Pour eux peut-être, pour la France et son peuple certainement pas.

C’est ainsi qu’on peut voir des Edgar Morin, des Emmanuel Todd, appeler à voter Hollande qui sera leur grand garde chiourme. Ils sont d’une classe sociale qu’ils défendent âprement, même s’ils prêchent le contraire dans leurs études et recherches. Ils manquent de clairvoyance dans le quotidien et l’analyse politique actuelle.

La lutte des classes en France version 2012

Finalement qui subit la crise ? Les jeunes, les ouvriers, les retraités.

Je ne suis pas du tout sûre que la classe dite moyenne comprenne bien se qui se passe dans son pays.

Pour les retraités c’est classé ils sont sûrs que c’est la faute des autres… immigrés s’entend. Le système du bouc-émissaire rend à plein pour eux. Et comme ils sont de plus en plus nombreux on est mal barré. La preuve est que c’est « grâce » à eux que Sarkozy a pu détruire les services publics qui les concernent le plus : services de proximité dont les hôpitaux, les bureaux de poste, en fait ils sont maso et s’en rendent pas compte, y compris d’ailleurs les paysans qui sont les premiers concernés puisque c’est principalement dans les campagnes que cette hémorragie a lieu.

Sans doute que ces gens ne réfléchissent pas par eux-même. Ils sombrent devant les sirènes des belles paroles des belles personnes bien propres sur elles.

Minuscule exemple d’un voisin retraité qui me tint ses propos : l’année dernière il y avait plusieurs enfants qui jouaient dans les escaliers, dont l’une, puisqu’Arabe, arrachait les fleurs de la voisine…

Pour les jeunes plusieurs cas de figures. Ils ont des relations on n’en parle plus. Ils cherchent un boulot et n’obtiennent que des CDD :

1è hypothèse : leurs parents les accusent de pas savoir y faire, d’avoir choisi la mauvaise voie d’études, que tout façon « on le savait que t’étais bon a rien »

2è hypothèse : leurs parents les aiment et les estiment pour de vrai et là voient vraiment ce qui se passe.

Pour les ouvriers là encore c’est pas si simple. Certains pensent que pour qu’ils aient un boulot il faut que ce soit le mieux possible pour leurs patrons, donc ils défendent la droite. Ils sont convaincus que les riches doivent être moins imposés qu’eux pour créer des entreprises, et donc ne pas les faire fuir est essentiel. S’additionne à cette conviction que de toute façon ceux qui prennent leur boulot ce sont les immigrés… déjà installés surtout, qui en fait, mais ils l’ont pas bien compris (pas plus que les autres d’ailleurs) que ceux qu’ils nomment « immigrés » sont Français depuis plusieurs générations.

Il faut quand même dire deux mots des riches : certains se sentent coupables de gagner tant de fric.

Les classes moyennes proprement dites. Qui sont-ils ? A part les fonctionnaires, les autres dans les bureaux à des postes divers. Les fonctionnaires sont traditionnellement pro-PS, ils n’y réfléchissent même plus c’est une deuxième nature. Que ceux qui ont un contact direct et quotidien pour savoir ce que vivent les pauvres.

Autrement dit la grande masse de la classe moyenne n’a aucune idée de la crise dans leur quotidien, surtout s’ils vivent en centre ville. Ils sont protégés. Leur train de vie n’a pas vraiment bougé, voire s’est amélioré. Dans leur groupe guère que ceux qui ont des enfants en âge de chercher un boulot… et encore ceux qui estiment leurs enfants, ce n’est donc qu’une minorité.

Dans cette classe je mets : la majorité des artistes, intellectuels, qui se croient de gauche, ils sont des bobos. Je ne vais pas vous décrire ce qu’est un bobo. Bourgeois-bohème. Ils se croient plus intelligents que les autres, ils ont fait des études, ils n’ont des relations que dans leur milieu, ils pensent que eux savent réfléchir. Et ils sévissent sur les médias. C’est une propagande quotidienne qu’ils font pour un parti qu’ils croient de gauche faute d’analyse et surtout de vécu. En fait ils n’ont pas vraiment envie que leur position de privilégiés bougent.

Ceux qui pourraient être « vraiment » de gauche sont surtout les habitants des banlieues. Mais ceux-là ils croient être sûrs que ce qu’ils pensent de « la classe politique » « ils ont rien à faire de nous » est définitif. Ils ont le plus souvent raison malheureusement. De plus dans ces banlieues des jeunes, l’avenir de la France est là, mais ils ne votent pas.

Conclusion qui est de gauche :

les ouvriers qui sont conscient de leur classe, les bourgeois qui ont des enfants en âge de chercher un boulot, des gens éclairés qui s’informent et réfléchissent vraiment et surtout qui ont une empathie.

Le rêve Américain en a pris un coup!

le rêve américainLa BBC a visité aux Etats-Unis quelques campements de « sans logis » America’s homeless resort to tent cities, de plus en plus nombreux, depuis qu’il a explosé la crise de 2008. Les données officielles soulignent que près de 47 millions d’usa mericains vivent au-dessous du seuil de pauvreté et ce chiffre continue d’augmenter.
Il y a actuellement 13 millions de chômeurs, trois millions de plus que lorsque Barack Obama est entré en fonction en 2008. Quelques estimations estiment que près de 5 000 personnes se sont vues obligées de vivre sous des tentes dans des campements de « sans-logis » éparpillés dans 55 villes des Etats-Unis. Le plus grand est celui de « Pinella Hope », en Floride, dans la zone plus connue comme le siège de Disney World. Une organisation catholique offre quelques services à ces habitants, tels que des machines à laver, des ordinateurs, des téléphones, etc.

note d’Annie : j’ai cherché sur google.com des infos, des photos, après beaucoup d’essais de différents camp de tentes aux USAmots clefs en anglais j’ai fini par trouver cet article à partir de la photo « ne soyez pas dupez du nombre de pauvres… » visiblement une bataille de campagne électorale sous le chiffre qui « aurait brutalement diminué » cet article renvoie à un article du New york times… qui confirme une bataille de chiffre… à la vu surtout d’aides diverses (bons d’alimentations par ex.). J’en conclus que la situation est plus obscure qu’en France, mais dénote un esprit général sur chaque bord de l’Atlantique d’une propagande libérale qui veut nous faire croire que tout ça … c’est leur faute à eux, pas aux banques…

parce que les photos de sdf que j’ai trouvé et vous propose ne sont pas suffisamment significatives de mon point de vue : il y a toujours des sdf même dans les pays développés

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Beaucoup de campements sont organisés et tiennent des réunions pour se distribuer les travaux communautaires. Pour certains, avec peu de perspectives de trouver du travail, les tentes sont devenues leurs logements semi-permanents. Plusieurs de ces personnes jusqu’à il y a peu avaient des vies confortables, typiques de la classe moyenne US. Maintenant elles dorment sur des oreillers aussi mouillés que leurs couvre-lits, en hiver alors que les températures baissent sont nettement en dessous sous zéro. « Toutes les nuits, au moment de dormir, nous mettons littéralement nos têtes dans l’humidité » a dit à la BBC, Alana Gehringer, habitante d’un campement de l’état de Michigan.

Ce regroupement de 20 tentes s’est formé dans un bois sur au bord d’une route, dans les environs de la ville « Ann Arbor ». Ils n’ont pas de toilettes, ils disposent seulement d’électricité dans la tente communautaire où les habitants se réunissent autour d’un poêle à bois pour échapper au froid. Et malgré cela chaque fois il y a plus de personnes qui vivent ainsi. La police, les hôpitaux et les hébergements publics demandent fréquemment s’ils peuvent envoyer plus de gens à vivre là. « Avant-hier soir par exemple, nous recevons un appel en nous disant qu’il y avait six personnes qui n’avaient pas de place dans le foyer. Nous recevons autour de 9 à 10 appels de ce type par nuit » dit Brian Durance, l’un des organisateurs du campement.

La réalité des réfugiés de la Floride et du Michigan est la même dans plusieurs endroits. Lundi Obama a rendu public le plan d’augmentation des impôts pour les riches « Nous voulons que tous aient des opportunités justes ». Le président US a mentionné ceux qui « luttent pour entrer dans la classe moyenne ». A « Pinella Hope », à « Ann Arbor » et dans d’autres dizaines de lieux du pays, en plus de ceux qui veulent entrer dans la classe moyenne, il y-a ceux qui en furent expulsés par la crise et veulent revenir.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi

Révolution démocratique en Islande, que Vive l’Islande !

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Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n’en parle, aucun média ne relaie l’information, vous n’en trouverez presque pas trace sur « Google » : bref, le black-out total. Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante : Un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités » parce qu’elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s’il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d’orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » : l’élection d’une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d’écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.

Alors que gronde dans l’Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleau-compresseur capitaliste, l’actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l’Europe une perspective : la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.

Musique: L’Islande nous souhaite « Bon courage »

Quand l’Islande réinvente la démocratie

Le 16 décembre 2010 par Jean Tosti

Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.

Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.

Très vite, le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois. Mais le président de la République refuse de ratifier la loi, dont le texte est alors soumis à un référendum. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars), et depuis le problème reste en suspens.

C’est dans ce contexte que l’Islande décide de modifier sa constitution, qui en fait n’a jamais été vraiment rédigée : lorsqu’en 1944 la république avait été proclamée, on s’était contenté de recopier dans les grandes lignes la constitution du Danemark, pays dont l’Islande dépendait depuis plusieurs décennies, en remplaçant simplement le terme de “roi” par celui de “président de la République”. C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.

Ces derniers commenceront à se réunir à la mi-février et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.

Certes, l’Islande n’est qu’un petit pays d’environ 320 000 habitants. Elle donne cependant là une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France : songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée, et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État.

(source: cadtm.org)

Quand l’Islande réinvente la démocratie

l’Assemblée constituante a été élue en novembre

Un jour, il y a quelques mois, un anglais passant par Paris, rencontré à la librairie Lady Long Solo, nous alertait sur la révolution en Islande. Quelle révolution ? On n’en entend parler nulle part. Une rapide recherche google ne donne rien du tout, aujourd’hui, ni en associant le mot « révolution », ni même « crise », où l’on ne trouve que des détails sur la crise financière, effectivement à l’origine de cette révolution, qui a eu lieu en 2008, dans ce pays d’à peine plus de 300 000 habitants, classé au deuxième rang mondial sur l’indice du développement humain, l’IDH, derrière la Norvège, à la veille de cette crise, en 2006.

Confronté alors à la faillite brutale du système bancaire, le peuple était descendu dans la rue. Du jamais vu au pays des jeysers d’eau chaude. La droite avait aussitôt dû céder la place à la gauche. Et, pour commencer, les banques avaient été nationalisées. Notre informateur anglais en avait entendu parler pour les projets législatifs de liberté totale pour internet, tels que des sites anglais pensaient à s’héberger là. Plus encore, il insistait pour parler d’une véritable révolution, sans pouvoir la décrire plus, mais s’étonnant qu’on n’en ait jamais entendu parler.

Cherchant alors avec obstination, on a fini par voir des images du palais présidentiel assiégé par une foule qu’on qualifierait ici sans hésiter d’anarcho-autonome. En plus des drapeaux noirs, on pouvait deviner dans la foule une forte composante de citoyenneté de type écologiste. Et on comprenait que le pauvre malheureux flic, tout seul devant le palais présidentiel, ait rapidement dû se rendre sous la pression de la foule. Celle-ci, néanmoins pacifique, n’usait que de casseroles et autres objets bruyants, selon la méthode argentine du cacerolazo, qui a su s’avérer très payante aussi là-bas.

Le président avait plié bagage. Un nouveau gouvernement s’était institué. Mais, quelques temps plus tard, celui-ci avait la mauvaise idée de proposer le remboursement de la dette des banques vis-à-vis du Danemark ou de la Grande Bretagne. Le peuple est de nouveau descendu dans la rue. Un référendum sur la question était imposé par volonté populaire, et une petite majorité de 93% rejetait l’accord prévu par les gentils gouvernants.
Parmi les informations glanées, cette image saisissante de l’agora dans les bains publics chauds, où le peuple s’assemble tous les matins pour débattre de comment refaire le monde.

Consécration de cette révolution, l’élection d’une Assemblée constituante, le 27 novembre 2010, événement peut-être plus considérable que la nuit du 4 août 1789 où était votée l’abolition des privilèges, dont on ne se serait pas aperçu sans la vigilance de Truks en vrac, de notre ami B.Bec, du Gers, relayant le CADTM, ou de Jean-Luc Mélenchon, qui trouve là une similitude avec ses propres thèses constitutionnalistes, mais ne semble pas voir plus loin que le bout de son nez anti-capitaliste.

Merveille de la désinformation. Un événement aussi considérable qu’une véritable révolution démocratique, telle qu’on n’en a jamais vue en Europe, peut se produire sans que la presse, ni google, ne permettent d’en savoir quoi que ce soit. C’est sûr qu’à l’heure de la consolidation anti-démocratique que vivent la plupart des pays européens, l’exemple islandais ne fait pas vraiment l’affaire de nos régimes policiers, qui montrent là encore leur aptitude à verrouiller rigoureusement la conscience collective.

On aimerait assurément en savoir plus sur cette révolution islandaise. Voilà des mois que Paris s’éveille rêve de téléporter sa rédaction pour un reportage approfondi au pays des chasseurs de baleines et d’utopie. S’immerger dans les bains chauds de la révolution démocratique fait certes envie, surtout vu du cœur de notre hiver sécuritaire.

Il faut s’imaginer les 25 « simples citoyens » qui vont plancher sur la constitution idéale. Le souffle de l’humanité devrait se retenir. Où l’on verra probablement qu’il n’est pas difficile de faire mieux que toutes les figures de pseudo-démocraties qui se sont déclinées jusqu’ici sur les cinq continents.

Cet article se voudrait un appel à qui aurait plus d’informations sur cette extraordinaire histoire islandaise. On peut m’écrire à: michelsitbon@gmail.com, et je relayerai avec plaisir. Un dossier sur la révolution islandaise tente de rassembler les articles qu’on peut trouver sur le sujet.

(source: parisseveille.info) et les moutons enragés