Merkel souviens-toi de l’Histoire de l’Allemagne 1924-1929 pour que l’Europe vive

Préambule  – j’ai écrit cet article en novembre 2011, alertée par le comportement de Merkel et ses conséquences partout en Europe, malheureusement sa position ne bouge pas, je le remanie un peu et le refais paraitre.

À la vue de la montée des extrêmes droites partout en Europe, il faudrait que Merkel revienne à la réalité et s’inspire de l’Histoire de l’Allemagne. Nous avons une extrême droite au gouvernement de la Hongrie (Orban passant comme Doriot du parti communiste au fascisme), des extrêmes droite qui persistent (mais ne montent pas contrairement à ce que nous expliquent les médias qui ne savent pas lire les chiffres et jouent un jeu dangereux) en France (FN), Grèce (LAOS en baisse, XA compensant) ; on trouve en Grèce et en France une montée significative des partis de gauche qui proposent d’arrêter la rigueur, alors qu’en Grèce les partis qui l’ont appliquée chutent. En Espagne les partis qui ont appliqué la rigueur ont été sortis.

Autrement dit la population ne veut plus de la rigueur.

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Il est dit partout (1) que la venue de l’extrême droite (2) au pouvoir en 1933 est due à l’extrême inflation que l’Allemagne connu inflation-du-markdurant le début des années 30. Il est dit pareillement que l’Allemagne en étant définitivement traumatisée elle impose à l’Europe entière, par les règles de la BCE, une politique de contenu total de l’impossibilité d’une quelconque inflation qui impose un régime d’austérité partout en Europe qui fait souffrir les peuples à l’extrême.

Mais on ne dit pas comment cette inflation naquit (3).

Cette inflation naquit parce que précédée par une politique économique de restriction et d’austérité, en voici les étapes

  1. Entre 1924 et 1929 l’industrie allemande est entièrement réorganisée. Le mark se stabilise.
  2. Grâce aux capitaux empruntés à la Grande-Bretagne et aux États-Unis l’industrie allemande accroit son potentiel de production d’un tiers.
  3. Cette productivité a été possible en mettant au chômage des millions de salariés.
  4. La monopolisation des industries, évitant la concurrence, permet la libre fixation des prix, vers la hausse bien sûr.
  5. Il ne faut donc pas compter sur la consommation intérieure, le projet est d’exporter cette énorme capacité nouvelle produite.
  6. Pour gagner cette exportation les prix à l’export sont abaissés au maximum. Il s’agit donc d’un dumping gigantesque, fait au détriment des consommateurs internes par les licenciements qui ont fait monter le nombre des chômeurs.

>>> Et c’est à ce moment que la crise commence aux États-Unis. Donc il n’y eut jamais de possibilité d’exporter, faute d’acheteur. (4)

  1. Les coûts de l’amortissement des investissements faits par les industriels allemands sont énormes.
  2. Il ne reste plus que l’état pour les aider.
  3. Celui-ci brise donc les « contrats collectifs » pour faire baisser les salaires, réduisant ainsi les syndicats à l’impuissance.
  4. L’état prend aussi les mesures suivantes :
  • compression des dépenses sociales
  • renflouement des entreprises défaillantes
  • subventions et exonérations fiscales
  • commandes à ces entreprises par l’état

dans l’agriculture :

  • réductions et annulations des droits de douanes
  • secours par l’état aux grands propriétaires

La situation ne se redressant pas vraiment malgré toutes ces mesures, ne restera plus aux industriels que de retourner chercher le national-socialisme qu’ils avaient laissé tombé un temps pour les mettre au pouvoir cette fois. Pour cela l’industrie subventionne le parti national-socialisme et son chef Hitler.

Ce processus a débuté en Europe à ce jour : restriction des salaires et revenus sociaux en Grèce, en Italie, en Espagne, arrêt de l’ajustement des salaires et revenus sociaux en France.
Va-t-il continuer par un fascisme généralisé et une guerre en Europe ?

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(1) dont souvent sur ce blog par exempleinflation allemande début années 20

(2) pour l’Allemagne nazisme (de national socialisme), et pour l’Italie fascisme (de faisceaux)

(3) il y avait déjà eu une importante inflation début des années 20 ci-contre le graphisme, surtout du fait du traité de Versailles qui lui imposa des réparations de guerre de 132 milliards de mark.

(4) c’est le problème actuel de l’Allemagne déchiré par l’austérité dans l’Europe dont elle dépend pour ses exportations, mais ces mêmes pays sont en passe de ne plus pouvoir lui acheter à cause de la baisse du pouvoir d’achat par les politiques d’austérité, dont la Grèce qui lui acheta énormément de matériel.

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Ce soir regardez « l’été des LiP » sur France3

C’est toute ma jeunesse, j’y fus (dont la marche, je n’ai aucune photo !), et j’étais au PSU et pas loin des Cahiers de Mai qui en tenait le journal presque quotidien. Je n’ai pas encore vu ce téléfilm j’espère juste ne pas être déçue. Je vous propose le synopsis de télérama :

En 1973, l’usine horlogère Lip de Besançon, la première entreprise d’horlogerie française, connaît des heures difficiles : le directeur, monsieur Saint-Esprit, a démissionné et les caisses sont vides. Seul un reprenneur suisse semble s’intéresser à l’entreprise et menace de licencier des centaines de personnes parmi les 1300 salariés. La grève est votée. La direction suspend le paiement des salaires. Face à cette mesure, les grévistes décident de travailler tous ensemble, sans patron, pour vendre eux-mêmes les montres. Pour Tulipe, 20 ans, jeune ouvrière appartenant à la famille Lip et ses collègues, une aventure incroyable démarre…

les commentaires ne sont pas mal non plus, et tout à fait d’actualité. Le premier est dans la désillusion (p’t votant Le Pen).

Le combat des LIP, le réve du grand soir c’est finit a pole emploi. Moi j’ai pas la nostalgie pour l’échec et du syndicalisme stérile. Moi je trouve c’est surtout révélateur de 40 ans de syndicalisme sterile face a la mondialisation néo libérale. 40 ans de declin syndical a cause de l’entrisme de l’extrême gauche. Les syndicats ont quasiment soutenu tous les traites neo liberaux. Nicoles Notat est présidente du Cercle qui rassemble les dirigeants économique, médiatique et politique. Je parle meme pas du mondialisme béo de toute l’extrême gauche. Ca veut une internationale c’est pas capable de prendre le pouvoir en France. L’extreme gauche défend un des trois du pilliers neo libéralisme : la licre circulation des Hommes. Oui continuez a rever au grand soir. C’est facile quand on est pas expose sois meme au desastre du mondialisme. Moi y’a longtemps que j’ai rendu ma carte syndicale. Les LIP c’est les nostalgie d’un combat qui de toute façon au finit au pole emploi… because les esclaves chinois peuvent venir inonder le marché européen avec la bénédiction des technocrates de bruxelles que l’on paye grasement… Et Demain vous allez revoter pour la continuité du bipartisme au service du néo libéralisme car vous n’avez pas le choix : PS ou UMP. Les valets des marchés financiers. Le changement c’est maintenant, la france forte, plus c’est énorme plus vous gobez.

Les autres ont plus le moral

je regarderai volontiers ce téléfilm. J’avais vu ce très bon documentaire sur la lutte des LIP : « l’imagination au pouvoir » de Christian Rouaud. Je conseille aux téléspectateurs de voir aussi ce documentaire , qui collecte les avis et expériences des participants à cette formidable expérience autogestionnaire.

oui mais ceci n’aura rien à voir avec le docu :-( docu fiction , science friction ? perso je serai sur mes gardes espérant les cinq étoiles que je mets à l’avance juste pour les vraies LIP d’alors !

Et pour ceux qui n’ont pas la télé (ça existe !) vous pouvez tout revoir sur pluzz.fr. Voici l’article qu’en fait la rédaction de Télérama, c’est un entretien avec Piaget toujours vivant (oui on croit toujours que ces gens-là sont morts quand on n’entend plus parler d’eux)

“L’Eté des Lip” vu par Charles Piaget, vétéran de la lutte

Entretien | Charles Piaget, leader de la grande grève des Lip, en 1973, a regardé le téléfilm tiré de leur histoire diffusé ce samedi 5 mai sur France 3. Son sentiment est mitigé.

A la veille du second tour de la présidentielle, France 3 ressuscite les Lip dans une fiction très romancée qui raconte la grande grève de l’été 1973, point culminant d’un conflit social qui restera comme le plus marquant de l’après-68. L’occasion était trop belle d’appeler Charles Piaget, la figure emblématique de la lutte dans l’usine horlogère de Besançon, pour recueillir ses impressions sur le film. A bientôt 84 ans, l’homme n’a rien abdiqué de ses convictions et pas encore rangé ses habits de militant au rayon des souvenirs. Il milite toujours à AC ! (Agir ensemble contre le chô­mage) et à l’Apic (Appel pour l’insurrection des consciences), un mouvement initié par le philosophe Pierre Rabhi, qui vise à « restaurer l’équité sociale et préserver la vie sur terre ». Paroles d’un humaniste qui n’a jamais renoncé à se battre.

Comment avez-vous réagi quand vous avez appris qu’on allait tourner une fiction sur Lip ?
J’ai pris l’habitude de voir les gens (chercheurs, inspecteurs du travail, syndicalistes…) venir à la rencontre des anciens Lip et s’intéresser à leur histoire. On en a déjà fait une pièce de théâtre et des documentaires, cette fiction arrive un peu comme une suite.
Comment avez-vous trouvé le film ?
Honnêtement, j’ai été un peu déçu. Le film est très romancé. Il retrace le conflit dans ses grandes lignes sans déformer la réalité mais reste superficiel. Il n’y a pas beaucoup de militantisme là-dedans. A aucun moment le téléspectateur ne vit le conflit de l’intérieur et ne peut comprendre ce qu’a été la lutte collective et syndicale des Lip. L’histoire d’amour entre Tulipe [une des ouvrières Lip, l'héroïne du film, NDLR] et un cameraman ne me semblait par ailleurs pas nécessaire. Mais peut-être faut-il ce genre d’artifice pour un film qui passe à la télévision… Cela dit, je suis sans doute trop rigoriste et pas le meilleur juge pour donner mon opinion sur une fiction consacrée à Lip. Si j’avais dû tourner un film avec Roland Vittot et Raymond Burgy [deux autres responsables du mouvement, NDLR], je suis sûr qu’en dehors de quelques militants chevronnés personne ne serait allé le voir. Ce serait trop chiant.
Le film est diffusé la veille du second tour de l’élection présidentielle. Y voyez-vous une intention particulière ?
Ça m’a interpellé. Je me suis demandé quelles étaient les motivations de France 3 : faire peur aux gens ou, au contraire, les encourager au changement ? J’imagine que tout dépend de la personnalité du téléspectateur.

Et si en ce week-end d’élections présidentielles on se souvenait de celles de Pétain et de Hitler ?

En ce week-end d’élections du Président de la République où il est interdit de parler de ces élections je trouve intéressant de rappeler deux élections qui ont bouleversé les démocraties. Je n’ai malheureusement pas de livres dans ma bibliothèque qui aient les précisions, bien que j’y ai beaucoup de livres d’histoire je n’ai pas tout malheureusement ! sur Pétain je n’ai rien, sur Hitler je n’ai « que » sur la montée du nazisme et la conduite de la politique une fois au gouvernement. J’ai donc cherché sur le net où je ne trouve pas grand chose non plus !

Je vais donc faire des copies de ce que je trouve sur Wikipédia, ce que j’ai trouvé d’autres ailleurs disant les mêmes choses. Je commente avec les éléments que je connais déjà et y ajoute quelques liens de mes articles précédents.

Hitler, élections législatives du 20 mars 1933

Contexte : le septennat de Hindenburg se termine le 5 mai 1932. Hitler n’a pas la nationalité allemande, donc interdit d’être élu, mais il est nommé fonctionnaire d’état par Hindenburg qui n’arrêta pas de faire le jeu de Hitler. Dans une crise économique qui renouvelle l’inflation déjà connu en 1924. Aux élections du 14 septembre 1930, avec 6,5 millions d’électeurs, 18,3 % des voix et 107 sièges, le parti nazi devient le deuxième parti au Reichstag. Et surtout ne pas oublier que ceux qui portèrent Hitler au pouvoir ce ne sont pas les chômeurs mais les classes moyennes (fonctionnaires, médecins, etc), les campagnes en protestations, comme ceux qui votent Le Pen, les ouvriers n’ont pas voté Hitler, les protestants plus que les catholiques.

Le 30 janvier 1933 il est nommé chancelier. Le soir même des milliers de SA défilent dans les rues de Berlin.

Parti Suffrages exprimés Sièges
Parti national-socialiste (NSDAP) 43,9 % +10,8 % 288 +92
Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) 18,3 % -2,1 % 120 -1
Parti communiste d’Allemagne (KPD) 12,3 % -4,6 % 81 -19
Parti du centre (Z) 11,2 % -0,7 % 74 +4
Parti national du peuple allemand(DNVP) 8,0 % -0,3 % 52 +/-0
Parti populaire bavarois (BVP) 2,7 % -0,4 % 18 -2
Parti populaire allemand (DVP) 1,1 % -0,8 % 2 -9
Christlich-Sozialer Volksdienst (CSVD) 1,0 % -0,1 % 4 -1
Parti démocrate allemand (DDP) 0,9 % -0,1 % 5 +3
Parti des fermiers allemands 0,3 % -0,1 % 2 -1
Ligue agricole 0,2 % -0,1 % 1 -1
Autres 0,0 % -0,9 % 0 +/-0
Totaux 100,0 % 647 +63

Dans les zones à l’est de l’Elbe, les nazis obtiennent plus de 50 % des voix. À Berlin et Hambourg, ils en obtiennent moins de 35 %.

En dépit de la forte progression des nazis par rapport aux élections de novembre 1932, ces derniers, avec 43,9 % des suffrages, n’ont pas atteint les 50 % comme Hitler l’avait espéré. Par conséquent, celui-ci a été contraint de maintenir sa coalition avec le Parti national du peuple allemand pour contrôler la majorité au parlement. En outre, Hitler a besoin d’une majorité des deux tiers pour obtenir le vote de l’Acte générateur (une loi qui lui permettrait d’en promulguer d’autres sans consulter le Reichstag), qu’il a acquise après avoir persuadé le Parti du centre de voter en sa faveur. Le projet de loi a été votée le 23 mars. Seuls les sociaux-démocrate se sont opposés à la mesure, qui est entrée en vigueur le 27 mars, en tenant compte du fait que certains députés sociaux-démocrates ont été empêchés de siéger par les SA. Les députés communistes, représentant 17 % des effectifs du Reichstag, ont été arrêtés avant le vote pour leur rôle suspect dans l’incendie du Reichstag. Bien que l’Acte générateur n’était censé être effectif que pendant quatre ans, il a été officiellement prolongé à deux reprises. Le SPD et le KPD ont rapidement été déclarés hors-la-loi, et l’Allemagne s’est fermement établie comme une dictature.

Les nazis s’emparent du pouvoir dans tous les länders le 20 mars, font une cérémonie de propagande, le troisième reich est proclamée alors qu’ils n’ont pas la majorité.

NDA : c’est moi qui souligne et mets en gras.

Vote des pleins pouvoir à Pétain le 10 juillet 1940

Le contexte : l’armistice, après l’envahissement de l’armée de Hitler sur la partie nord du territoire français, le 22 juin 1940. Les civils fuyaient sur les routes, sans ravitaillement, mitraillés par l’aviation ennemie, des soldats sans ordre, accablés par l’impuissance. L’appel du général de Gaulle s’était fait le 18 juin. Peu de Français l’entendirent, dont 27 parlementaires qui embarquèrent sur le Massilia.

Il s’agit d’une révision de la Constitution proposée à l’Assemblée Nationale : rassemblement du Sénat et de la Chambre des Députés issue du vote du 3 mai 1936, celle dont fut issu le Front Populaire.
Le 10 juillet 1940, les parlementaires inscrits étaient au nombre de 846 (544 députés et 302 sénateurs)3 sur les 907 députés et sénateurs inscrits en 1934. Seuls 670 (sur les 907 parlementaires) prennent part au vote (426 députés et 244 sénateurs3), en effet, 176 parlementaires sont absents dont 27 sont à ce moment-là en mer vers Casablanca sur le paquebot Massilia (26 députés et un sénateur) ainsi que « 17 parlementaires décédés et un grand nombre se trouvant, à cause de la guerre, dans l’impossibilité de rejoindre Vichy ou ne souhaitant pas s’y rendre ». 61 parlementaires communistes (60 députés et un sénateur) ne peuvent siéger : depuis le 16 janvier 1940, ils sont déchus de leur mandat à la suite du pacte germano-soviétique et du décret-loi d’Édouard Daladier du 26 septembre 1939 interdisant le Parti communiste.

NDA : c’est moi qui souligne et mets en gras.

ma précision : Ceux qui sont sur le Massilia, dont Mendès-France à qui il fut fait un procès pour désertion, ont embarqué pour Londres. Vous remarquerez donc que les plus à gauche sont absents ou empêchés de votes. Suit sur Wikipedia la liste des députés qui ont voté contre ils furent 80, 18 abstentions. Il faut remarquer que le Sénat « du » Front Populaire s’est toujours opposé à celui-ci.

On peut trouver des précisions sur un site universitaire. Je dirais que la majorité sont SFIO (les PC étant interdits de vote je rappelle), mais que la diversité témoigne d’une décision individuelle et c’est pour moi le plus significatif.

Malgré tout il est significatif que tant dans le cas Hitler que Pétain on avait fait en sorte que les parlementaires de gauche ne puissent s’exprimer.