Hier soir sur la 2 nous avons eu droit à l’annonce officielle de la candidature de Jean-Pierre Chevènement. Qu’en penser ?
Alors je me souviens de mon propre parcours. En quittant le PSU fin années 70, à l’élection de Mitterrand j’ai rallié le PS, mais pas n’importe quel PS, le CERES. C’était Chevènement qui en était un des initiateurs. J’avais été en totale divergence avec Rocard quand il s’était rallié dès 1972 au PS.
Puis Chevènement créa le mouvement socialisme et république en 1986 et je le quittais à cette occasion, ne comprenant pas la démarche de ce mouvement.
Dans ses actes au gouvernement socialiste en tant que ministre j’étais pour l’essentiel en accord avec ses actes. C’est en 92 que j’ai divergé. Le traité de Maastricht. Je fus crédule. J’espérais en l’Europe. Je n’avais pas compris que c’était celle des marchés. Je le compris pleinement en 2004/2005. Juste en lisant le traité qu’on nous proposait. Et je reste persuadé que si plus de Français l’avaient lu le NON aurait eu encore plus de voix.
Il fut accusé de tous les maux en 2002. Jospin et ses co-acteurs ne se remirent jamais en question. Il est toujours plus facile d’accuser l’autre de tous les maux. Orgueil quand tu nous tiens. Et le Parti socialiste, faute d’une réflexion réelle sur le social-libéralisme rallié années 80 est le principal coupable de la montée du FN. Ce parti commença à avoir de l’audience au même moment. Le Parti socialiste ne fit, et ne fait toujours pas d’analyse de ses erreurs qui mènent la France dans le mur avec constance, détruisant son industrie et toute la classe ouvrière qui s’est trouvé disloquée, sans plus aucun soutien, le PC ayant amorcé sa propre chute en même temps que celle de l’URSS depuis les années 80.
En se ralliant au traité de Lisbonne, le PS montra qu’il n’avait aucune divergence avec les partis de droite au pouvoir. Le citoyen ne s’y retrouvant pas proteste viscéralement en se ralliant au FN, le seul qu’il pense différent de toute une classe politique qui a décidé de mener une politique sans plus jamais écouter le peuple, déjà en 2005 « le peuple a tord il faut changer de peuple » disait-on.
L’Europe n’est pas démocratique. Ce sont des technocrates qui décident, des nommés qui dirigent la BCE qui décide des politiques économiques pour toute l’Europe sans jamais demander son avis au peuple. Récemment ce fut comique d’entendre Sarkozy et Merkel scandalisés par l’idée de la démocratie.
Voilà donc que ce matin je vais jeter un oeil sur le site de Chevènement. Je découvre sa page sur facebook, je lis des commentaires d’insultes à son encontre, j’écris donc :
avec vous j’étais dans la gauche du PS (ceres), je l’ai quitté en déc. 2005, j’ai rejoins le PG en octobre 2010. Bravo pour votre candidature. Si Jospin avait été à la hauteur nous n’aurions pas eu 2002. Hollande n’a pas de différence avec Sarkozy sinon des paroles.
Je n’avais pas consulté la position du Front de Gauche ni du Parti de Gauche concernant cette candidature. Je me dis que peut-être je vais me faire engueuler, mais j’assume d’avance. Puis je découvre des sympathisants qui sont comme moi en cliquant sur les 31 « amis qui aiment cette page ».
Il nous faut donc maintenant trouver comment on pourrait travailler ensemble. Je ne sais si un projet existe en ce sens, mais moi j’y pense depuis un moment. Voici les points sur lesquels je suis en accord avec lui :
- Le vice est dans la monnaie unique car elle a juxtaposé 17 pays très différents par leurs structures économiques, leur langue, leur culture, leurs options politiques. Les écarts se sont creusés : l’Allemagne excédentaire, industrielle au nord et les pays d’Europe du sud, déficitaires, en voie de désindustrialisation.
- Je pense qu’il y a deux solutions à la crise actuelle : soit on renforce la Banque centrale européenne et alors on peut garder la monnaie unique, soit on ne peut pas car l’Allemagne s’y refuse et il faut envisager la mutation de la monnaie unique en une monnaie commune.
- Je développerai quatres repères fondamentaux dans la période troublée qui est devant nous : une monnaie moins chère pour permettre la réindustrialisation, la croissance plutôt que la récession, la souveraineté de la France, les droits du parlement c’est-à -dire souveraineté budgétaire et fiscale et enfin une Europe redressée, confédérale, démocratique.
et je trouve cette phrase qui confirme notre analyse de fond sur le PS :
- En 2002 j’avais le tort d’avoir raison avant tout le monde. Je n’accepte pas que ceux qui font le lit du Front national en se ralliant au néolibéralisme puissent me transformer en bouc émissaire.


Au-delà des idées, sa candidature me semble une aventure très personnelle contrairement à ce qui se fait au Front de gauche. Sans parler de son âge, très honorable certes, mais trop avancé, me semble-t-il, pour devenir président de la République.
il a un peu dépassé l’âge. Et s’il se rallie comme pour Royal à Hollande au 2d tour !
je viens d’écouter attentivement Méluche sur France Inter, il ne m’a pas déçue et pourtant ils lui mènent la vie dure, et j’ai le trac à chaque fois.
Pour ma part, c’est dès le traité de Maastricht que j’avais opposé mon NON. Mais à l’époque les discussions sur Internet n’existaient pas.
Pour le reste, nous sommes parfaitement d’accord : je reprocherai seulement à Mélenchon d’être encore bien timide dans son programme. Cette timidité est cependant nécessaire, pour ne pas trop rebuter le socialiste de base, pas vraiment révolutionnaire, ô non !
Et puis, il y a le PC, qui apporte troupes et ossature, mais en contrepartie qui a un côté boulet indéniable.
Ah ! Si seulement les socialos migraient en masse depuis une formation au bord du bilan (idéologique), vers le PG ! Mais bizarrement, ils ne veulent pas.
comme beaucoup vous avez été plus clairvoyant que moi. Rocard ce matin en accord avec certains points du programme FdG sur la dette : que la BCE soit préteuse. J’y croyais pas.
le PC… une sorte de boulet en effet, mais sans socialos… qui sont d’un buté… et même n’arrêtent pas de faire comme si on n’existait pas, ils préfèrent négocier avec les Verts… sur des places. Un programme commun ?
mais quand vous demandez « plus loin » qu’entendez-vous par là ? déjà le mot « révolution » fout la trouille à tellement.
moi aussi en 2002, j’ai rejeté la chute de jospin sur lui.
mai sl’autre fois quand ma femme a réagit à la candidature de Chevenement, je lui ai dit d’un coup d’un seul:
Ce n’est pas la faute au PS si les gens s’en détournent, même au profit de petits candidats.
Mais c’est bien la faute au PS de ne pas se l’avouer et de tenir un discours de pleurnicheuse.
Qu’ils s’en aillent tous!!
s’ils perdent avec toute cette motivation à gauche (la vraie) alors ce sera de leur faute exclusive,
et mon vote ne sera pas là au 2e tour pour servir de rempart à une catasrophe comme en 2002, je m’en lave les mains d’avance.
Cela leur fera les pieds!!
Quand à CheChe, Joly et Méluche, qu’ils s’activent pour nous faire un Front du front de Gauche!!!
Mon idéal serait qu’il n’y ait plus du tout de politiciens, donc paradoxalement plus de front de gauche. Penser global, agir local. Des cercles de décisions restreints prendraient les choses en main au niveau d’un immeuble, d’une rue, d’un quartier, d’une ville, en désignant un délégué pour une seule fois au cercle plus grand quand cela devient nécessaire. Les monnaies pourraient même peut-être disparaître, ou du moins n’être pas pérennes, comme on a vu des expérimentations fonctionnelles en Bavière et dans le Toulousain.
Chacun donnerait sa force de tâches communes selon ses moyens, et recevrait selon ses besoins. Ceux-ci varient d’un bout à l’autre de la vie, c’est pourquoi rien ne peut rester figé. Incidemment, la propriété disparaît (alors qu’elle était en bonne place dans les préoccupations des rédacteurs de la constitution de l’an I), et naturellement le profit, source d’inégalités s’accroissant avec les années, devient persona non grata. La notion de compétition aussi devient obsolète, toujours pour préserver l’égalité dans la différence.
Voilà ce que ne propose pas encore le FdG, car les citoyens n’y sont pas encore prêts.
à vous 2 en fait…
fred de Vienne si tu lisais les insultes qu’il reçoit en ce sens sur facebook : c’est votre faute 2002 etc……… je ne voterai plus utile au 2d, moi non plus, une fois m’a suffit. Et le FN de toute façon n’avait aucune chance, je vois pas pourquoi les gens n’y ont toujours pas pensé.
babel de l’Ouest bof nous avons les mêmes rêves. Vieilles lunes : le PSU de l’autogestion. J’irais jusqu’à penser que si jamais on avait quelque pouvoir que ça durerait que 5 ans, et qu’après tout recommencerait.
donc il faut changer les institutions, et pas le peuple, mais les élus.
le communisme va redevenir à la mode. ??? après lui avoir tout mis sur le dos, mais le PC a pris un coup de vieux, il ne peut renaitre.
Ce sont des jeunes dont nous avons besoin.
@ babel:
c’est bien de rêver, ça aide pour avancer. mais je crois pas que tous les gens souhaite devenir copains-copines avec leur voisins, et recréer des tribus!!
@annie: exactement, les gens qui écrivent ça sur FB sont bloqués au stade où j’étais avant de découvrir l’autre Gauche, et que la voie du PS n’est pas l’Unique Vérité.
Qand il auront compris cela, ça ira mieux.
je découvre que tu causes de moi ailleurs, merci
Le communisme est l’avenir de l’humanité, mais bien entendu pas le léninisme. Je parle là du communisme intégral, tel que le concevait Bakounine. Oui, bien sûr cela demande des efforts. Je pense que si les gens deviennent suffisamment malheureux, comme ont pu l’être les moujiks vers 1900, ils se tourneront vers cette solution naturellement, si ce n’est pas trop tard. Les Soviets ont très bien fonctionné, au début : c’est Lénine qui a réussi à les détruire en leur imposant une hiérarchie permanente qu’il a instituée.
le léninisme il a vécu sur un sacré mythe. Il a passé de mode. Et pourtant les trots ils se pensent dans sa continuité ? non ?
Nous ne reviendront jamais comme avant parce que c’était avant justement, entre temps des progrès techniques. Il faudrait plutôt inventer autre chose, c’est ce qu’on essaye de faire avec « l »humain d’abord »
Oui, le trotskysme est à mon avis amené à décliner. Basé malgré tout sur les idées de Lénine, il est définitivement sur la mauvaise voie. Une voie rigide, hiérarchique, avec des administrations, des plans…
Je pense que Bakounine a encore raison aujourd’hui, et que ses idées, pour difficiles d’application qu’elles puissent être (nous sommes bien plus nombreux dans le monde qu’en 1850), peuvent être une bonne base pour créer du lien, de la solidarité là où les néolibéraux font tout pour émietter le travail, les contacts, la vie. Et contrairement à ce que pensent, à mon avis, les « bourgeois », son modèle de société est tellement plus pacifique que ce que nous connaissons, que ce serait un enchantement.
En revanche, c’est tout le monde sans exception qui devra faire sa part des tâches à accomplir, dans la mesure de ses moyens bien sûr. C’est dire comme le système hiérarchique actuel, où font le vrai boulot la plupart du temps les plus humbles et les plus mal considérés, révèle sa perversité et son aberration.
babelouest votre raisonnement est intéressant mais idéaliste. je le lis avec interêt vraiment, vous êtes le premier à avoir ces raisonnements sur ce blog, ça change du train train.
Bien sûr, Annie, je suis très conscient du côté idéaliste de mes « idées » justement. Je pense cependant que, sans être un précurseur ou un guide, il faut jeter des pensées, des phrases nouvelles, ou qu’on pense être telles : un jour, peut-être, quelqu’un saura prendre à untel un aspect des chose, à un autre un embryon de solution, et au bout du compte présenter une alternative qui le soit vraiment, cohérente et novatrice, porteuse d’un progrès pour la grande majorité des êtres.
Soyons maçons, façonnons des briques, des briques, des tas de briques. Quelqu’un viendra, je l’espère, pour les façonner en chef-d’Å“uvre fait de mille touts et de mille riens, transcendant la matière en un grand TOUT encore plus grand que lui-même, parce que fait de myriades de pensées créatrices. (bouh, je suis lyrique, parfois)
Je ne me fais pas d’illusions : cette nouvelle donne, je ne la verrai pas. Si mes enfants et petits-enfants en bénéficient un jour, ma vie, ainsi que celle de tas d’autres humains, n’aura pas été inutile.
Entièrement d’accord avec Babelouest ! L’idéalisme ou l’utopie sont toujours compris comme termes péjoratifs, et souvent par les bien-assis. 1789, 1848, la Commune, le conseil national de la résistance, l’idée même d’une démocratie indirecte, n’était-ce pas dans le contexte historique idéaliste ? Actuellement, en France ou à l’étranger, existent au niveau local des systèmes alternatifs où des humains construisent au quotidien l’utopie, et ça marche ! Que ce soient les » SEL » ( service d’échange local ) qui abolissent le fric, en France, Italie, Angleterre, tout près de chez vous, l’Argentine où depuis le pillage du pays les expériences autogestionnaires se multiplient et font preuve d’efficacité et de réalisme, et ce ne sont que qq. exemples. Des hommes et des femmes construisent leur propre vie, n’attendant plus rien des états-nations, des idéologies dominantes et des lendemains qui chantent promis par les castes politiques de tout bord. Le lien social se reconstruit, les barrières sociales et culturelles tombent, mais c’est un combat permanent:l’autogestion, ça se vit avec des gens de chair et de sang, par définition imparfaits, sans chef proclamé ni naïveté. Pas de petit livre rouge ou noir claironnant des « vérités », mais la parole suivie d’actes pour tous. Ceci n’est pas un pamphlet, je sais par expérience que bien souvent les initiatives de ce type se déroulent à 2 pas de chez vous. Agir localement et penser globalement n’a rien d’un slogan !!!
je t’avais oublié… en effet, cette utopie comme décrite là j’en suis d’accord. Et c’est pas facile. Il nous faut être actif et non subir. de toute part.
et basta des Lénine ou Trotsky
On a fait croire aux gens qu’aucun autre système n’est possible et ils en sont convaincus, ils invoquent la fatalité pour expliquer leur situation.
Je pense qu’il ne faut pas tout jeter de ce qui a été fait dans les pays de l’est.
La Russie est passée en peu de temps de la féodalité à l’ère industrielle. Dans ces pays, il n’y avait pas de chomage, beaucoup de choses étaient gratuites (énergie, santé, loisirs, vacances…).
Bien sur, pour faire peur, on ne nous parle que de morts et de goulag. Ces régimes étaient autoritaires, mais il y avait la pression des grands pays capitalistes en permanence (guerre froide). Il faudrait faire le tri entre ce qui apportait des avancées et le reste, ne pas balayer tout ce qui a été fait.
Beaucoup d’habitants de ces pays regrettent le communisme.
felix. En gros je suis d’accord. J’ai fait plusieurs billets pour expliquer que les habitants des pays de l’est avaient tout perdu. Au moment de la chute du mur, j’étais horrifiée de la joie de tous de « la liberté retrouvée ». Cependant reste dans la tête des gens, par la propagande toujours active ou souvenance, que le communisme est le mal incarné. Le libéralisme a beau jeu maintenant qu’il n’a plus d’ennemi de nous reprendre tout les concessions qu’il nous avait faite durant la guerre froide.
je pense qu’il nous faut trouver un nouveau vocabulaire. C’est en cours. On parle d’indigné c’est insuffisant, c’est a-politique. Mais un côté anar.
années 70 on disait aussi « mao-spontex » « spontanéité » autrement dite.
et maintenant c’est comme une joie de pouvoir dire « la Chine communiste adhère au libéralisme » ou exactement l’inverse : le communisme qui emprisonne les gens. Il sert encore de chiffon rouge.
recherche désespérément un vocabulaire. Au PG il en a été trouvé quelques uns.