A propos Annie

Politisation en 1965 contre guerre du Vietnam (ML) ; 10 ans PSU. Pleuré devant Mitterrand découvert. 2005 militance pour le NON au TCE, contre libéralisme, privatisation services publics et domination du fric (gauche PS quitté fin 2005). 2007 1er tour pas Royal, failli m'abstenir au second. Actuellement FdG. + de 2000 photos et impressions de voyages seule. Née le 8/12/41.

Suis-je normale d’être obsédée de politique et d’histoire ?

Je côtoie des gens qui ne s’aperçoivent même pas de ce qui se passe autour d’eux. C’est assez curieux pour moi, je dois l’être pour eux.

Comment votent-ils ? d’après quels critères s’ils ne comprennent rien à ce qui se passe économiquement c’est assez mystérieux pour moi. C’est le plus beau ? celui qui parle le mieux ou juste le dernier qui est passé ? ou le plus souvent à la télé, celle qu’ils regardent la 1 ?

De quoi eux sont-ils occupés ? de leurs affaires de famille, de la relation avec la fille ou le beau fils, avec le voisin qui agit comme ceci ou comme cela qui ne leur plait pas, ils peuvent en parler des jours entiers, tout le reste les indiffère. Ou encore ils ont quelques obsessions concernant la maladie x ou la peur de grossir, de leurs rides, ils se trouvent trop vieux ou trop jeunes. Je ne sais.

Ont-ils plus de chances que moi de ne voir qu’eux et leur monde, de n’être pas intéressés et inquiets du monde ?

Ils ont envie de tel dernier gadget, d’un écran télé plus grand… pour regarder quoi ? du foot ? Une des premières choses que mon nouveau voisin (1) me dit : je suis au club chose… j’y vais tous les dimanches (ou lundis j’ai totalement oublié). Pour lui c’était à la fois une information essentielle et pour me montrer combien il était actif dans l’action la plus importante du monde. Quand je lui ai répondu que le sport en général et le foot (ou rugby) en particulier je n’y avais jamais rien compris, il retomba de son plaisir, décontenancé, il n’avait jamais pensé que des gens comme moi puissent exister. Par contre moi je sais que des comme lui courent le monde. C’est là notre immense différence.

Donc je me demande parfois qui est le plus normal. Moi dans ma curiosité toujours renouvelée, de vouloir comprendre, agir, être sur le gué constamment, ou eux sur qui tout ça passe comme l’eau de pluie et les laisse froid.

Pourtant leur vie quotidienne en dépend de ce monde. Sont-ils des citoyens à part entière ? c’est la question que je me pose. La démocratie ou la dictature les laissent froid, qui que ce soit qui soit au gouvernement ils s’en foutent. Ainsi ce sont eux qui criaient de joie au passage de Pétain, puis plus tard à celui de de Gaulle.

D’autres m’affirment : moi je m’intéresse pas à la politique. En général je leur réponds : alors la qualité des routes ou de l’école vous indifférent ? En général ils restent totalement silencieux n’ayant jamais fait le rapprochement entre les deux.

Ainsi va le monde… mais pas moi.

____________

(1) aucune idée s’il sait que je tiens un blog…

L’homme qui a tué Pierre Goldman, militant d’extrême gauche des années 70

C’est une information pour laquelle je suis particulièrement sensible.

Figure de l’extrême gauche des années 70, Pierre Goldman a été tué par balles, à bout portant, le 20 septembre 1979, place de l’Abbé Georges Henocque  dans le 13 ème arrondissement de Paris, à quelques mètres de son domicile. L’assassinat de Pierre Goldman qui n’a jamais été élucidé  avait été revendiqué, à l’époque, par une organisation d’extrême droite inconnue : Honneur de la Police.

Emmanuel Ratier indique que « Gustavo » n’était autre que René Resciniti de Says dit  « René l’élégant », décédé à 61 ans, le 17 avril dernier.

« Maintenant qu’il est retourné à Dieu et étant sans famille connue, nous pouvons révéler que sous le pseudonyme de Gustavo, il s’était confié au journaliste Michel Despratx, expliquant comme il avait porté le coup de grâce à l’ancien chef du service d’ordre gauchiste de la Sorbonne, Pierre Goldman, ancien guérillero, braqueur, journaliste à Libération et soutien logistique d’ETA » écrit Emmanuel Ratier.

Ancien parachutiste

Camelot du roi et membre de l’Action française à 14 ans, René Resciniti de Says est un ancien parachutiste du 9 e RCP, puis du 6eme RPIMA. « Après cinq ans d’armée, il fut très amer contre ceux, Français, qui avaient donné la main au FLN durant la guerre et qui plastronnaient dans les média. Il participa à des actions spectaculaires contre ces traîtres, très en vue chez les ‘élites ‘ de gauche qui dominaient déjà le pays » indique pour sa part Olivier Perceval, dans le numéro de l’Action française (extrême droite maurrassienne) qui lui rend hommage.

René Resciniti de Says s’engagea dans les Phalanges libanaises, avant de rejoindre les mercenaires de Bob Denard et, comme le résume pudiquement l’Action française, il « participa à de nombreuses missions s’inscrivant dans le cadre de la politique française en Afrique » (cf le site des anciens de Denard ici).

« Gustavo » a donc désormais une identité. Pour autant le récit qu’il a fait de l’assassinat de Pierre Goldman reste à corroborer.

source Droites-extrêmes. Voir aussi Wikipédia pour sa biographie. Pleins d’autres sites en parlent : cgaggero, le mediateaseur, kuiv, poètes indignés, (Lire la suite…)

Maintenir la monnaie à tout prix : répétition des politiques de 1929 en France

Aspects et effets de la crise

La France fut touchée par la crise en 1930. Mais elle n’en prit conscience qu’en 1931/1932. Dès 1930 les indices de la production baissent, les chômeurs augmentent. Le marasme persista en France jusqu’en 1938.

Grâce à son marché intérieur la crise fut moins profonde en France que dans les autres pays industrialisés : il y avait un marché intérieur, elle était sous-peuplée (=moins de chômeurs- l’Allemagne actuelle a une démographie déficitaire), et pourvus de banques solides. Ailleurs le relèvement se fit en 1935. En 1938 l’activité économique en France était sous le niveau de 1929.

volume production interieure brute française 1929-1939Dès 1931 les prix français cessèrent d’être compétitifs sur le marché mondial, d’où la chute des exportations de moitié.

La balance des comptes qui comportait un excédent de 3 milliards entre 1927 et 1931 se retrouva avec un déficit équivalent jusqu’à la guerre (chute à partir années 2000). Plus l’hémorragie des capitaux. L’état sauva les banques en difficulté, le tout pour environ 35 milliards entre 1931/1937 (en octobre 2008 par Sarkozy pour 300 milliards).

La chute de la production

croissance productions industrielles 1896-1938Toute l’industrie fut frappée, sa production baissa de 17,5 % en 1931. Les faillites augmentent de 60 %. Accablée par sa surproduction le marché de l’agriculture passa de 43 à 18 milliards.

Mais aussi concentration économique : la sidérurgie (De Wendel, Schneider), la construction automobile (2ème mondiale devant Grande-Bretagne, Canada, Allemagne), le patronat textile s’unit, la productivité augmenta dans l’agriculture (tracteurs) et l’industrie (de 10 % à 20 %), de 25 % dans les mines. Dans le commerce Monoprix, Uniprix, Prisunic.

L’état devant la crise

et c’est là que nous ne savons plus à quelle époque nous sommes en 1929 ou en 2007 et suivantes ?

Le premier effet fut l’affaiblissement des recettes fiscales (que toute austérité et baisse de l’économie provoque- Grèce actuelle et toute l’Europe). Les économies budgétaires furent prises par la gauche en 1934, puis par la droite après le 6 février (1) jusqu’au Front populaire.

L’état soutint les grandes entreprises en difficultés. Il acheta le blé pour le stocker, l’alcool pour le mélanger à l’essence…

Estimant que les lois naturelles rétabliraient d’elles-mêmes une prospérité compromise par les extravagances étrangères, les gouvernements se contentaient de défendre la monnaie et l’équilibre du budget. C’était le b-a ba du libéralisme. Leur confiance et leur fierté venaient de la solidité de la monnaie restaurée quand les autres faisaient banqueroute. (2)

(…) le haut niveau des prix leur était indifférent comme l’extension du chômage.

(…) propagée par la grande presse et toutes les autorités sociales, l’intégrité de la monnaie devint la mystique nationale. De 1932 à 1935, onze gouvernements présentèrent quatorze plans de redressement financier, c’est-à-dire d’économies budgétaires.

Ministères successifs : Herriot, Daladier, Chautemps, beaucoup de cabinets renversés.

En 1933 à Londres la France propose une stabilisation monétaire générale et un malthusianisme mondial pour soutenir les prix.

Roosevelt fit exactement le contraire en dévaluant le dollar, et lança une dévaluation pour restaurer la consommation.

Entre autarcies totalitaires et économies inflationnistes le bloc-or était asphyxié. Tous les pays s’en détachèrent. La France se trouva isolée et se demanda que faire.

La dévaluation ?

abandon-etalon-or dans le monde 1929-1933

abandon-etalon-or dans le monde 1929-1933

rejetée unanimement, assimilée à une banqueroute. Contre on trouve le patronat, l’Académie des sciences morales, la faculté de droit, la presse « sérieuse » (le Temps, les Débats).

À gauche ? Blum proteste un peu dans le Populaire en 1934. Mais les socialistes dans leur ensemble ne se prononcent pas. Seul Reynaud (droite modérée), totalement seul, combat cette politique.

Qui payèrent cette politique ? les salariés. Les fonctionnaires sont dénoncés comme responsables à cause des lois sociales ils étaient dit « budgétivores » (appréciations contemporaines). Les traitements et les retraites sont réduits. En 1934 Laval baisse les loyers, les rentes, les pensions, les traitements (politiques menées en Grèce depuis 2008).

Les économistes Français méprisaient Keynes. Philip (socialiste), Mendès France (radical) étaient encore trop jeunes pour être pris au sérieux.

Nota : l’histoire ne se répète pas ? toutes ressembles avec des faits, des actes, des pensées advenus en France et Europe depuis les années 2007 ne sont pas une vue de l’esprit. Il suffit de remplacer « nationale ou France » par Allemagne, BCE, Europe… voire Grèce par moment. Les libéraux n’apprennent rien de l’Histoire.
(Lire la suite…)